Depuis une ou deux décennies, on assiste à un renouveau de la musique contemporaine en Belgique et à toute une série de créations extrêmement intéressantes dans tous les genres musicaux. Jean-Marie Rens en est sans conteste un des acteurs les plus en vue à travers des œuvres d’inspirations diverses, mais toujours d’une grande densité dramatique. On le constate fort bien en écoutant ce disque où sont réunies quatre pièces composées entre 2006 et 2010 et dévolues successivement à un orchestre à cordes (Monolithe), à un petit ensemble formé d’une soprano, d’une flûte, d’un violoncelle et d’un piano (Tristes lettres sur des poèmes ludiques d’Arnould Massart), à une guitare en solo (Zap) et, enfin, à un duo de flûtes (au pluriel) et d’électronique (Traces). Elles montrent que Jean-Marie Rens est un tempérament éclectique et avide de multiplier les expériences, sans doute parce qu’avant de devenir compositeur -compositeur dit classique, il a joué aussi bien de l’accordéon, de la trompette, des percussions que du piano, et qu’il s’est intéressé aussi bien au rock qu’au jazz. En quoi, dans le chatoyant paysage de la musique actuelle, il apparaît comme un indépendant. Mais un indépendant qui ne renie même pas les leçons apprises auprès de ses maîtres (dont Olivier Messiaen), Traces par exemple avec « l’alternance de séquences libres d’allure improvisée et de parties rythmiques souvent rapides et tendues », comme le remarque le toujours très lucide Pierre Bartholomée, devant beaucoup « aux notions de temps lisse et de temps pulsé chères à Pierre Boulez ».
Jean-Marie RENS
(° 1955)
MONOLITHE-TRISTES LETTRES-ZAP-TRACES
Els CROMMEN (soprano), Hughes KOLP (guitare), Pascale SIMON (flûtes), Jean-Marc SULLON (électronique), Het Collectief, Orchestre Sturm und Klang, dir. : Thomas VAN HAEPEREN
DDD-2011-58’ 06’’-Texte de présentation en français et en anglais-Cypres CYP4638
