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Deux versions du Magnificat en latin de Johann Sebastian Bach nous sont connues, la première en mi bémol BWV 243a contient, intercalées dans le texte habituel du Magnificat, quatre pièces interpolées relatives à Noël. La version en ré majeur lui est postérieure de quelques années (1728?) et est plus brillante, la tonalité étant notamment mieux adaptée aux trompettes. C’est celle qui est le plus souvent jouée à notre époque. Fidèle à ce qui est maintenant devenu pour lui une habitude, Philippe Pierlot présente l’œuvre avec un chœur composé exclusivement des solistes du chant. Il s’inscrit ainsi dans un mouvement dont Joshua Rifkin et Andrew Parrott ont été les avocats les plus combatifs et auquel ont notamment adhéré Konrad Junghänel et Sigiswald Kuijken. Il faut reconnaître que ce qu’il présente ici est le plus beau des plaidoyers en faveur de l’approche "minimaliste", ayant fait appel un fois de plus à plusieurs de ses partenaires habituels déjà tellement appréciés lors de productions précédentes (notamment Carlos Mena et Stephan McLeod). Dès le début du Magnificat, on est emporté par un tempo particulièrement allant marqué par de magnifiques trompettes et un chœur d’une agilité et d’une transparence chatoyantes. Nos solistes savent aussi -et si bien!- se plier aux exigences de la fusion demandée par l’exercice du chant en commun. De chœurs en arias on est ensuite guidé à travers les beautés de l’œuvre dans une générosité musicale qui est tant le fait du chef que celui des chanteurs et des instrumentistes d’un Ricercar Consort impeccable. Que ce soit dans les passages enlevés ou dans ceux, plus réservés, d’un doux et lent balancement, on adhère sans réserve et savoure la richesse de ce qui est présenté. Tout cela vaut aussi pour la Missa BWV 235 dont on trouve ici une des meilleures versions actuellement disponibles. Deux pièces pour orgue complètent avantageusement le programme, elles sont jouées par Francis Jacob à l’orgue Thomas de l’Eglise Reformée du Bouclier de Strasbourg. L’instrument, construit dans l’esprit de ceux qui étaient élaborés au début du XVIIIe siècle en Thuringe, chante à sa manière c'est-à-dire somptueusement et bien dans l’esprit des deux œuvres vocales. Chaudement recommandé!

Alain Derouane

Johann Sebastian BACH
(1685 - 1750)

Magnificat BWV 243-Missa BWV 235-Fuga sopra il Magnificat BWV 733-Prélude et Fugue en sol majeur BWV 541

Maria KEOHANE & Anna ZANDER (sop.), Carlos MENA (alto), Hans-Jörg MAMMEL (tén.), Stephan McLEOD (basse), Francis JACOB (orgue), Ricercar Consort, dir. : Philippe PIERLOT

 

2009/2009-DDD-65'00"- Textes de présentation en français, anglais et allemand ; livret en latin, français, anglais et allemand ; chanté en latin - Mirare MIR 102 (1 CD + 1 DVD)

Son 9 - Livret 8 - Répertoire 10  
Interprétation 10

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