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Parue initialement en 1998, l’intégrale de l’oeuvre pour orgue de Jean-Sébastien Bach suscitait l’événement tant pour la qualité de l’interprète que par le fait qu’elle était le fruit d’un profond travail de quinze années sur le répertoire et sur la recherche d’instruments à même de recréer les timbres et les climats sonores qu’avait connus Jean-Sébastien Bach. Initié en 1982, le travail ne manquait pas d’être stimulé par un ample courant de restauration des instruments dans leur style d’origine et, quelques années plus tard, par l’ouverture de l’"Allemagne de l’Est" où la Saxe regorgeait de magnifiques specimens -dont ceux de Silbermann- auxquels on avait peu accès. On sait que les orgues que Bach a abondamment joués à Leipzig ont disparu aujourd’hui de même que de nombreux  manuscrits, ce qui laisse place à un inlassable travail de recherche. Mais le génie pluridimensionnel de Bach laissait des documents dont l’étude, menée par le musicologue Jérôme Lejeune, fondateur du label Ricercar, et par Bernard Foccroulle, permettait de rejoindre au plus près l’oeuvre du Cantor. Ainsi, son activité d’expert laissait des documents permettant à l’organiste d’aujourd’hui de "se faire une idée assez précise des qualités que Bach recherchait de ces instruments: exigence d’une alimentation en vent de qualité et d’un toucher sensible, recherche des registres destinés à l’accompagnement et à la musique concertante, prédilection pour les jeux riches en harmoniques tels les gambes, recherche de profondeur et de gravité notamment par les jeux de 32 pieds au pédalier" nous dit le texte de présentation particulièrement intéressant (les organistes regretteront sans doute que ne soient pas mentionnée la composition des orgues, et l’éditeur regrettera la piètre qualité du brochage peu résistant à la manipulation). On sait aussi que Bach fréquentait les grands facteurs de l’époque, tel Gottfried Silbermann et son disciple Zacharias Hildebrandt avec qui il conçut le grand orgue de Naumbourg, ce qui ajoute à la connaissance des sonorités recherchées. En outre, ses voyages à travers l’Allemagne de l’époque lui permettaient de jouer et de tester de nombreux instruments. Du point de vue interprétation, Bernard Foccroulle s’est basé sur les pratiques instrumentales relatées dans les traités de l’époque concernant, notamment, l’ornementation. Des témoignages d’époque permettent aussi d’approcher le Bach exécutant et interprète. Aussi, aux côtés de celles de Helmuth Wacha, Michel Chapuis, Marie-Claire Alain et André Isoir, cette intégrale marque-t-elle d’une pierre blanche l’histoire de ce corpus de 282 pièces dans cette édition 2009, Foccroulle ayant choisi d’enregistrer les pièces à l’authenticité probable et d’ajouter la fantaisie de choral BWV 1128, "Wo Gott der Herr nicht bei uns hält" dont on ne disposait que des premières mesures avant que n’en soit découverte une copie de la main de Wilhelm Rust lors d’une vente publique en mars 2008.
Pourquoi cette réédition? Cette intégrale parue en 1998 ne satisfaisait pas totalement son interprète et fut trop tôt retirée de la distribution. Sept pièces (BWV 718, 565, 727, 542, 735, 728 et 582)  initialement enregistrées sur un orgue hollandais dont Foccroulle n’appréciait pas l’accord ont été reprises en septembre 2008 sur l’instrument Schnitger de la Martinikerk de Groningen. Ajoutons à cela un superbe rendu sonore obtenu par l’optimisation, grâce aux techniques actuelles,  de prises de son pour la plupart déjà remarquables dans l’édition de 1998. Mais il ne faudrait surtout pas penser que le retour aux racines ait figé le discours; il lui donne des ailes. L’esprit est en perpétuel mouvement dans ce grand voyage avec, pour seul bagage, la musique dans ce qu’elle a de plus sensible: la spiritualité.

Bernadette Beyne

Johann Sebastian BACH

(1685 – 1750)

 

Intégrale de l’oeuvre d’orgue

 

Bernard FOCCROULLE

 

Schnitger Orgel der Jacobi Kirche in Hamburg, Döring Orgel der Kirche zum Heiligen Kreuz in Bettenhausen (Suisse), Rommel Orgel der Blasii Kirche in Zella Mehlis (Allemagne, Thuringe), Schnitger Orgel van de Martinikerk te Groningen (Pays-Bas), Silbermann Orgel der Dorfkirche in Pfaffroda (Allemagne, Saxe), Silbermann Orgel der Petri Kirche in Freiberg (Allemagne, Saxe), Orgue Thomas de l’Abbaye de Leffe (Belgique), Dreifaltigskeits Orgel der Abtei Ottobeuren (Allemagne, Bavière), Schott Orgel der Klosterkirche in Muri (Suisse), Schnitger Orgel der Ludgerikirche in Norden (Allemagne, Basse Saxe), Bielfeldt Orgel der Wilhadikirche in Stade (Allemagne, Basse Saxe), Hoofdorgel van de Nieuwe Kerk te Amsterdam, Silbermann Orgel des Doms in Freiberg (Allemagne, Saxe), Holzay Orgel der Abdei Neresheim (Allemagne, Baden- Württemberg), Silbermann Orgel in Ponitz (Allemagne, Thuringe)

 

2009-19h38'58"-16 CD-Textes de présentation en allemand, anglais, français-Ricercar RIC 289

Son 10 - Livret 9 - Répertoire 10  
Interprétation 10

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