Crescendo est membre du jury
des

L'instrument mal aimé qu'est l'alto n'a connu que peu de virtuoses, le plus souvent disparus depuis des lustres, dont fort peu ont accédé à la renommée: Lionel Tertis, William Primrose et, plus près de nous, Nobuko Imai, Yuri Bashmet et Bruno Pasquier, principalement. Mentionnons aussi Yehudi Menuhin et David Oistrakh qui, à l'occasion, furent suffisamment curieux pour apprivoiser ce difficile instrument. L'altiste japonaise, en raison de la maigreur relative du répertoire, ne réalisa qu'un nombre assez restreint de disques, la plupart dans les années 1970 à 1990, dont on retiendra un très beau Harold en Italie de Berlioz avec Colin Davis (Philips), une transcription des Suites pour violoncelle seul de Bach (Philips), les Sonates pour alto de Hindemith (Bis), ainsi que sa participation à une intégrale des quintettes à cordes de Mozart, en compagnie du quatuor Orlando (Brilliant) ou encore telle intervention auprès de ses amis Martha Argerich ou Gidon Kremer, au festival de Lockenhaus notamment. Le label Pan Classics nous propose deux disques qui étoffent une discographie somme toute assez restreinte. Le Concerto pour alto de Bartok, dans la révision de Nelson Dellamaggiore et du fils du compositeur, reçoit toute la gravité nécessaire mais on pourra regretter un certain détachement qui gomme un peu la puissance émotionnelle de cet opus ultimum. La Nuit transfigurée de Schoenberg ne contient que quelques phrases mettant l'alto en valeur mais la présente interprétation semble mettre cet instrument en avant, ce qui donne une couleur très particulière à l'oeuvre. Der Schwanendreher de Hindemith clôture le premier disque, à l'indiscutable élégance. La direction pêche parfois par une certaine timidité mais se montre en fin de compte en totale osmose avec la personnalité  assez réservée et introvertie de la soliste. Le deuxième disque a pour objet de présenter des oeuvres de compositeurs japonais contemporains, bien sûr dévolues à l'alto. A string around autumn de Toru Takemitsu, dans un arrangement de Toshio Hosokawa, possède ce caractère contemplatif cher au compositeur. Le temps semble suspendu, la résonance de l'instrument paraît posséder sa vie propre et la mélodie, toujours simple, ne manque pas de charme. La Fantaisie sur des chants d'oiseaux de Akira Nishimura explore bien des possibilités de l'instrument, tout en étant empreinte d'une grande mélancolie. Le concerto pour alto Elegia de Hikaru Hayashi reflète parfaitement ce que son titre peut laisser espérer et possède un lyrisme parfaitement rendu par la soliste. Il n'empêche que ses deux longs mouvements -de quinze minutes chacun- ne parviennent pas à éviter une certaine monotonie. Quant à En plein air pour alto seul de Ichiro Nodaira, il accumule les difficultés techniques pour un résultat finalement assez froid et impersonnel. Les transcriptions de pages de Haendel et de Bach qui ouvrent et ferment le programme ont un parfum d'éternité qui semble flotter dans l'air bien après la fin du disque.

Bernard Postiau

Bela BARTOK

(1881- 1945)

Concerto pour alto

Arnold SCHOENBERG

(1874 - 1951)

Verklärte Nacht opus 4

Paul HINDEMITH

(1895 - 1963)

Der Schwanendreher

 

Nobuko IMAI (alto)

Orchestre de la Haute Ecole de Musique de Genève, dir.: Gabor TAKACS-NAGY

 

2008-DDD-76'34-Textes de présentation en allemand, anglais et français-Pan Classics PC 10215

 

Oeuvres pour alto de Haendel, Bach, Takemitsu, Nishimura, Hayashi et Nodaira

 

Roland PÖNTINEN (piano), Orchestre du Conservatoire Supérieur et de l'Académie de musique Tibor Varga, dir.: Gabor TAKACS-NAGY

 

2008-DDD-76'34-Textes de présentation en allemand, anglais et français-Pan Classics PC 10195

 

Son 9 - Livret 10 - Répertoire 10  
Interprétation 8

85868889909193959697
Historiques
Répertoire
Récitals
Anthologies
DVD
LOGO_SITE