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L’intégrale en cours des Symphonies de Brahms par John Eliot Gardiner à la direction de l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique, donc sur instruments – ou copies d’instruments – d’époque marque une étape importante dans la discographie de ce répertoire. Le chef fait sienne la description qu’en fit Jorge Luis Borge, à savoir qu’il estimait qu’elles étaient « le feu et le cristal ». John Eliot Gardiner estime d’autre part que replacer ces symphonies dans la perspective de la musique chorale que Brahms écrivit bien avant qu’il n’ait fini sa Première Symphonie lui paraît être une hypothèse de travail valable. Il a aussi recherché des témoignages de l’époque et a pu notamment lire que le compositeur appréciait une certaine élasticité en matière de tempo ainsi que des lectures souples mais disciplinées. Concilier le feu et le cristal, la souplesse avec la discipline…voilà deux des contradictions apparentes qu’il convient de gérer pour aborder ce répertoire et c’est là que Gardiner fait à notre avis un pas significatif que l’on ne pourra à l’avenir pas ignorer. En dehors des belles couleurs instrumentales – ah, les superbes cors naturels ! – on apprécie la transparence de la matière orchestrale. Contrairement aux lectures monolithiques dans lesquelles les strates musicales semblent empilées les unes sur les autres pour former un monde sonore un tant soit peu figé ou lourd, on entend ici ce qui se passe dans les profondeurs de l’orchestre, foisonnement parfois impressionnant d’idées et d’émotions. Les résultats obtenus sont passionnants, tant dans la détendue, d’apparence légère mais aussi mélancolique Deuxième, que dans l’énergique, revendicatrice et même héroïque Troisième. L’Orchestre Révolutionnaire et Romantique est tout simplement somptueux, tout comme l’est le Monteverdi Choir qui s’avère être le meilleur atout possible dont Gardiner puisse disposer pour étayer sa thèse de la vocalité des symphonies. A cet égard, la célèbre Rhapsodie pour alto est chantée par Nathalie Stutzmann dont on apprécie toujours la chaleur du timbre….chaleur qui contraste avec une certaine froideur empêchant la distillation de l’émotion. Dommage, mais que cela ne vous empêche pas de (re)découvrir un Brahms placé sous un éclairage original et, répétons-le, convaincant.

Alain Derouane

Johannes BRAHMS

(1833 – 1987)

 

Symphonie n° 2 en ré majeur Op. 73 – Rhapsodie pour alto, chœur d’hommes et orchestre Op. 53

 

Franz SCHUBERT

(1797 – 1828)

Gesang der Geister über den Wassern D714 – Gruppe aus dem Tatrus D583 (arr. Brahms) – An Schwager Kronos D369 (arr. Brahms)

Nathalie STUTZMANN (contralto), The Monteverdi Choir, Orchestre Révolutionnaire et Romantique, dir. John Eliot GARDINER

2007/2009-DDD (live) -73’59’’- Textes de présentation et livret en anglais, allemand et français ; chanté en allemand – Soli Deo Gloria SDG 703

Son 9 - Livret 9 - Répertoire 10  
Interprétation 9

Johannes BRAHMS
(1833 – 1987)

Symphonie n° 3 en fa majeur Op. 90 – Ich schwing mein Horn ins Jammertal Op. 41/1 – Es tönt ein voller Harfenklang Op. 17/1– Nachtwache I Op. 104/1– Einförmig is der Liebe Gram Op. 113/13 – Gesang der Parzen Op. 89 – Nänie Op. 82

The Monteverdi Choir, Orchestre Révolutionnaire et Romantique, dir. John Eliot GARDINER

2007-2008/2009-DDD (live) -70’16’’- Textes de présentation et livret en anglais, allemand et français ; chanté en allemand – Soli Deo Gloria SDG 704

Son 9 - Livret 9 - Répertoire 10  
Interprétation 9

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