Auteur extrêmement prolifique (mais quel compositeur ne l’était pas au XVIIIe siècle?), le Londonien Thomas Arne a écrit son opéra Artaxerxès en 1760, d’après l’œuvre homonyme du poète dramatique italien Pietro Metastase. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il existe environ quarante-cinq opéras sur le même sujet, et notamment le tout premier de Gluck, en 1741 -la preuve sans doute que, déjà à l’époque, les meilleurs ouvrages littéraires circulaient à travers toute l’Europe et trouvaient un écho dans chaque capitale ou dans chaque métropole importante. Ce qui caractérise l’Artaxerxès de Thomas Arne, c’est qu’il est chanté en anglais et que les dialogues, ici, sont remplacés par des récitatifs. Qui plus est, il est conçu dans le style italien (sans doute à cause de Metastase). En quoi, il offre un syncrétisme très singulier qui en assure tout son attrait et qui le rend à la fois si plaisant et si séduisant, Thomas Arne étant, il convient d’y insister, un remarquable mélodiste et sachant toujours, dans la composition de ses airs, où placer les accents. Haendel, d’ailleurs, dont on sait combien il était avare de compliments, n’avait pas hésité à le saluer dès ses débuts à Londres et à dire le plus grand bien de la musique de Comus (d’après John Milton), en 1738.

Jean-Baptiste Baronian

 

 

Thomas ARNE                    
(1710-1778)

ARTAXERXÈS

Christopher AINSLIE (Artaxerxès), Elizabeth WATTS (Mandane), Caitlin HULCUP (Arbacès), Andrew STAPLES (Artabenès), Rebecca BOTTONE (Semira), Daniel NORMAN (Rimenès), Classical Opera Company, dir. : Ian PAGE

2010-DDD-68’ 08’’ et 69’ 40’’-Livret en anglais seulement-Linn CKD 358

Son 9 - Livret 6 - Répertoire 9  
Interprétation 9

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