La perfection est de mise pour ces concertos de Weber

par

Carl Maria von WEBER
(1786 – 1826)
Concertos pour clarinette et orchestre n°1 et 2 – Concertino pour clarinette et orchestre op. 26.
Paul MEYER (clarinette et direction), Orchestre de chambre de Lausanne
2016-DDD-51′ 27 »-Textes de présentation en anglais, français et allemand-Musikproduktion Dabringhaus und Grimm MDG 940 1922-6

A Munich ou à Darmstadt, où il suivait les cours de l’abbé Vogler avec son ami Meyerbeer, et un peu après avoir composé deux opéras, Silvana et Abu Hassan, Weber fait la connaissance du clarinettiste Heinrich Bärmann. De cette rencontre naissent, la même année 1811, trois piliers du répertoire pour l’instrument, que voici réunis. Ils ont été très souvent enregistrés : il est à noter qu’il s’agit ici de la troisième version de Paul Meyer, après un enregistrement chez Denon en 1991, puis chez Teldec en 2002. Le petit Concertino (8′ 50 ») est emblématique de l’écriture concertante de Weber : après une introduction lente et pleine d’atmosphère, l’oeuvre passe au degré supérieur, et devient virtuose sans jamais se départir de ce délicat phrasé mélodique si propre au compositeur. Le succès immédiat de ce « hors d’oeuvre » décida son auteur à écrire deux concertos de plus ample proportion, bien difficiles à départager. Plus traditionnel, le Premier concerto fait se succéder un allegro enlevé aux tempi allègres, un tendre adagio à la mélodie enchanteresse et un rondo brillant mais stylé, dans lequel on ne peut qu’admirer le timbre prenant de Paul Meyer (il joue un superbe Buffet-Crampon Divine). Le Deuxième concerto, le préféré de Bärmann, est peut-être plus complet, plus diversifié aussi. L’allegro initial, par exemple, s’ouvre par de spectaculaires sauts de registre, et l’écriture périlleuse du mouvement évoque celle de Rossini. La « romanza » médiane explore les possibilités lyriques du récitatif accompagné, et Meyer, en tant que chef et soliste, s’y livre avec un beau sentiment. Très brillante fin, avec un « Alla polacca » où rien ne manque : finesse du propos, harmonie fouillée, et dynamique surprenante. Aux côtés des versions de Martin Fröst (Bis) et de Sabine Meyer (EMI), voici sans conteste l’enregistrement récent le plus magistral de ces trois pages bien-aimées.
Bruno Peeters

Son 9 – Livret 10 – Répertoire 9 – Interprétation 10

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