A l'OPRL, Gergely Madaras succèdera à Christian Arming

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© Balazs Borocz-Pilvax

Directeur musical de l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège (OPRL) depuis septembre 2011, le chef d’orchestre Christian ARMING achèvera son second mandat en août 2019, au terme d’une saison qui verra se concrétiser plusieurs projets d’envergure pour le rayonnement international de l’OPRL et auxquels son image est associée (notamment une tournée au Japon et plusieurs collaborations avec la chaîne de TV jazz-classique MEZZO).
Sur proposition du Directeur général, Daniel Weissmann, le Conseil d’Administration de l’OPRL a nommé Gergely MADARAS comme Directeur musical de l’OPRL à compter du 1er septembre 2019 et pour une durée de trois ans.
Gergely Madaras devient ainsi le plus jeune Directeur musical nommé à la tête de l’OPRL depuis sa création en 1960.

Hongrois, âgé de 33 ans, le chef d’orchestre Gergely Madaras est directeur musical de l’Orchestre Dijon Bourgogne depuis 2013 et Chef principal du Savaria Symphony Orchestra (Hongrie) depuis 2014. Durant ses mandats dans ces deux maisons, il multiplie les publics et remodèle les missions des orchestres, en les reconnectant avec leurs villes. Madaras est régulièrement invité par des orchestres majeurs tels que le BBC Symphony, le Hallé et le BBC Philharmonic Orchestras, l’Orchestra Sinfonica Nazionale della RAI, l’Orchestre Philharmonique de Radio France, les Philharmoniques de Copenhague et Oslo, le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, le Scottish Chamber Orchestra, le Münchener Kammerorchester et l’Academy of Ancient Music. Il se distingue également dans le répertoire d’opéra, notamment à l’English National Opera, à l’Opéra National Néerlandais, à l’Opéra d’État Hongrois et au Grand Théâtre de Genève. Ancré dans le répertoire traditionnel classique et romantique, il est aussi un ardent défenseur de Bartók, Kodály et Dohnányi et maintient une relation étroite avec la musique d’aujourd’hui : il a dirigé plus de 100 oeuvres composées après 1970, et a travaillé en étroite collaboration avec des compositeurs comme Pierre Boulez, George Benjamin et Peter Eötvös.
Gergely Madaras se distingue par un parcours musical intelligemment et patiemment construit, marqué par la rencontre de personnalités de haut vol dans les divers domaines où il excelle. Résolument inscrit dans le XXIe siècle, attentif aux questions artistiques et aux moyens de communication d’aujourd’hui, il partage avec l’OPRL une même dynamique d’ouverture et de réflexion sur ce qu’est « l’orchestre d’aujourd’hui » et les liens à construire avec les publics.
« En travaillant avec l’OPRL, j’ai été immédiatement frappé par son énergie et son élan, ainsi que par la vivacité d’esprit avec laquelle les musiciens sont capables d’améliorer leur jeu, déjà riche et coloré. J’ai été accueilli avec une ouverture et une souplesse exceptionnelles et j’ai immédiatement senti une connexion naturelle. Je suis ravi de me lancer dans une collaboration créative et passionnante avec cette phalange de classe mondiale et son équipe administrative ambitieuse. De plus, je me réjouis d'avoir l’opportunité de me familiariser avec une région si riche par sa culture, ses traditions et son histoire ! »
Gergely Madaras
« Je suis extrêmement heureux de pouvoir accueillir Gergely au moment où l’OPRL vogue vers de nouveaux horizons, toujours plus vastes ; nous avons besoin de sa créativité et de son énergie pour toucher encore plus de publics et nous adresser à cette génération trop souvent éloignée de la culture. Gergely n’est pas un jeune chef d’orchestre ; il est déjà, si jeune, un grand chef d’orchestre ! »
Daniel Weissmann, Directeur général de l’OPRL

Biographie
Né à Budapest en 1984, Gergely Madaras a débuté son parcours musical à l’âge de cinq ans, en étudiant la musique populaire auprès de la dernière génération d’authentiques musiciens tziganes et villageois, en Hongrie et en Transylvanie. Il a ensuite étudié la flûte traversière, le violon et la composition à l’Académie Franz Liszt de Budapest, où il obtient son diplôme de flûte, ainsi que la direction d’orchestre à l’University of Music and Performing Arts de Vienne.
Parallèlement à ces activités musicales variées, Gergely voue une profonde passion à la musique magyare ; il est un ardent défenseur de Bartók, Kodály et Dohnányi, tant en Hongrie qu’à l’étranger. Il a dirigé la quasi-totalité du répertoire symphonique de ces compositeurs, et interprète régulièrement leur musique dans le cadre de concerts, enregistrements radio ou émissions, avec des orchestres comme le BBC Symphony et le BBC Philharmonic Orchestras, l’Orchestre National Hongrois, l’Orchestre Philharmonique de Varsovie, et l’Orchestre Symphonique de la Radio Hongroise.
Tout en inscrivant son parcours dans le grand répertoire classique et romantique, Gergely entretient un lien fort avec la musique d’aujourd’hui. À 18 ans, il fonde un festival pour jeunes compositeurs à Budapest, avec son épouse la flûtiste Noemi Gyori. Durant ses six années d’existence, ce festival a vu la création de 120 oeuvres de 47 compositeurs différents.
Gergely Madaras devient chef assistant de Pierre Boulez à la Lucerne Festival Academy, de 2010 à 2013. Ces dernières années, il a collaboré étroitement avec George Benjamin et Peter Eötvös, et a créé, dirigé et enregistré environ 100 oeuvres écrites après 1970, à la tête de formations comme l’Orchestre Philharmonique de Radio France, le Deutsches Symphonie-Orchester Berlin, l’Orchestra Sinfonica Nazionale della RAI, et dans des festivals comme le MiTo Settembre Musica, le Wien Modern, le Tanglewood Festival of Contemporary Music et le Festival de Lucerne, pour n’en citer que quelques-uns.
Gergely Madaras s’est également forgé une belle réputation comme chef d’opéra. En 2012, il a été choisi parmi 80 candidats comme premier bénéficiaire de la Bourse Sir Charles Mackerras à l’English National Opera, bourse dont le point culminant fut des débuts à l’ENO dans la nouvelle production de La Flûte enchantée de Simon McBurney’s, au Coliseum de Londres. Une interprétation qualifiée de « fantastique » par The Telegraph.
Depuis, il a dirigé des productions largement saluées par la critique comme Les Noces de Figaro, La Flûte enchantée, Otello et La Traviata, à l’Opéra National Néerlandais, au Grand Théâtre de Genève (avec l’Orchestre de la Suisse Romande) et à l’Opéra d’État Hongrois. Vivement intéressé par la redécouverte d’oeuvres rarement données, Gergely a dirigé des versions scéniques complètes de Ein Wintermärchen de Goldmark, Peer Gynt de Grieg, Vanessa de Barber et Fantasio d’Offenbach, entre autres.
Parmi ses prochains rendez-vous, il fait ses débuts au Barbican Centre de Londres avec le BBC Symphony Orchestra. Il dirige aussi le Philharmonia Orchestra dans sa série « Music of Today » au Royal Festival Hall (Londres), le concert d’ouverture du Milano Musica Festival 2018 à La Scala (avec le Filarmonica della Scala), et est pour la première fois à la Philharmonie de Paris, avec l’Orchestre de la Lucerne Festival Academy. En 2018, il dirige également le Hallé Orchestra, l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, l’Orchestre National de Montpellier, le BBC Scottish Symphony Orchestra, et au Grand Théâtre de Genève, ainsi que le concert de clôture de l’International Arts Festival de Malte 2018.
Gergely a été nommé Directeur musical de l’Orchestre Dijon Bourgogne en 2013, à la suite de son succès (il fut l’un des trois finalistes) au 52e Concours international de jeunes chefs d’orchestre de Besançon. Depuis sa présence à Dijon, le public fidèle de l’orchestre a quasiment triplé ; il a reconnecté l’ensemble à sa cité, en remodelant son répertoire et en le réintégrant dans la saison principale de l’Auditorium de Dijon. Depuis 2014, il est également Chef principal du Savaria Symphony Orchestra, dont le nombre d’abonnés a doublé en quatre ans et où il a créé un programme spécialement conçu pour les jeunes publics, en les amenant plus étroitement à la découverte des chefs-d’oeuvre par des introductions interactives et des explications, réalisées avec la participation de tout l’orchestre.
Outre le développement de nouveaux publics, il juge essentiel de maintenir une connexion étroite avec la jeune génération de musiciens professionnels. En 2002, âgé de 17 ans, il a fondé le Budapest Youth Symphony Orchestra avec Noemi Gyori. Cet ensemble regroupait 60 jeunes musiciens professionnels et a tourné activement, durant trois saisons, en Hongrie, Allemagne et Suisse. De 2010 à 2012, il a été bénéficiaire de la prestigieuse Junior Fellowship in Conducting (Bourse de direction d’orchestre) au Royal Northern College of Music de Manchester, choisi parmi 120 candidats.
Depuis la fin de ce mandat, il retourne chaque année travailler avec les différentes formations du RNCM. Il maintient également une étroite relation avec le European Philharmonic of Switzerland, un orchestre international constitué d’anciens membres de l’Orchestre des Jeunes Gustav Mahler, l’un des meilleurs orchestres au monde. Parmi ses projets futurs avec des étudiants, un concert rassemblant les Orchestres de la Royal Academy of Music (Londres) et du Tokyo Geidai (Université des Arts), au Suntory Hall de Tokyo, et un concert de gala avec l’Orchestre Symphonique de l’Académie Franz Liszt, à Budapest.

Extraits de presse
« La direction musicale, assurée par Gergely Madaras, se montre toujours attentive au plateau. Dès l’introduction du premier acte, les flûtes et les violoncelles donnent le ton : la poésie, la délicatesse, la rêverie seront au rendez-vous. Le chef y excelle, comme à passer du poétique au bouffe, comme à donner corps aux récitatifs (mélodrames). Il impose les bons tempi, ménageant les respirations mais aussi communicant une énergie extraordinaire à un orchestre qui sonne merveilleusement. » Forum Opera, 3.11.2017

« Le chef d’orchestre Gergely Madaras a géré les vastes forces chorales et orchestrales avec beaucoup de panache, dévoilant de subtils détails de la partition de Orff, et en ajoutant certains lui-même (comme les bruits rauques amusants de la foule dans « In Taberna »). Il a également apporté de l’énergie et une vraie vision durant la première partie : une Bacchanale d’Ibert sensuelle et dynamique, et les spectaculaires Métamorphoses Symphoniques sur des thèmes de Weber d’Hindemith. Le BBC Symphony Orchestra, et particulièrement ses percussions, était dans une forme étincelante tout du long. »
Nottingham Post, 13.03.2016

« Madaras attire constamment l’attention sur la musique, sa beauté mélodique, sa rapidité rythmique mêlée au rire, à la tendresse et à l’ironie. Un fantastique revival ».
Neue Züricher Zeitung

« ...le jeune chef hongrois Gergely Madaras en perçoit la constante imagination en suscitant une dynamique inépuisable... »
Crescendo-magazine.be

« Le chef Gergely Madaras était fantastique – stimulant l’orchestre dans une fosse surélevée… »
The Telegraph

« Musicalement, c’est magique également… le jeu net et inspiré, sous la direction de Gergely Madaras, sonne de façon mordante et directe… »
Musical America

« La direction inspirée de Gergely Madaras garantit que tout fonctionne musicalement comme il se doit… »
The Independent

Et... bon à savoir...
o Menant de front des études universitaires à Vienne et Budapest, Gergely Madaras a fait, durant 5 ans, les aller-retours, parfois jusqu’à deux fois par semaine. Il a calculé que ces seuls voyages représentent environ 120.000 km (trois fois le tour du globe).

o Gergely Madaras avait la phobie des boutons durant son enfance et ne voulait porter ni chemise, ni gilet. Il a aujourd’hui dépassé cette phobie dont il a appris qu’elle portait un nom : la koumpounophobie, et qu’elle avait également atteint, entre autres, son beau-frère et… Steve Jobs.

o Durant ses années de voyage en Transylvanie et de contact avec les violonistes tziganes, un maître en particulier l’a marqué : le violoniste Fodor « Neti » Sándor. Gergely Madaras avait 8 ans, Sándor était octogénaire. Durant ses séjours avec dans la famille du musicien, Gergely Madaras a étudié le violon folk à sa source la plus authentique ; il a aussi appris à couper du bois en forêt, à construire une cheminée, et à « s’immerger lui-même totalement dans la musique ».

o Féru de découvertes culinaires dans les pays où il voyage, informations culturelles précieuses à ses yeux, Gergely Madaras aime se balader sur les marchés et goûter toutes les spécialités locales, même très rares, particulières ou… inhabituelles. Il poste des vidéos de lui au moment où il les goûte : suivez le hashtag #conductoratthemarket !

o La vocation de Gergely Madaras ayant toujours été de « conduire quelque chose de plus grand que lui et qui rassemble les gens autour d’un but commun », il a d’abord souhaité être… chauffeur de bus. À 11 ans, il connaît son premier choc à la vue d’un chef d’orchestre en répétition, avec l’Orchestre du Festival de Budapest, et sait alors que ce sera son métier. Ce chef : Sir Georg Solti…

o Avec l’une de ses condisciples du cours de flûte de la Béla Bartók Music Secondary School (Budapest), Noemi Gyori, il a fondé le Budapest Youth Symphony Orchestra, ce qui lui a permis de faire ses premières classes à la direction d’orchestre, elle à la flûte solo, et ensemble, d’organiser de A à Z la vie de cet ensemble de 60 musiciens. L’orchestre n’existe plus, mais Gergely et Noemi sont aujourd’hui mariés.

o Pour se souvenir de tous ses voyages, Gergely Madaras a décidé de prendre une photo (une seule !) de chaque lit ou sofa dans lequel il dort. Sa galerie comporte 100 photos sur les deux dernières années.

Quelques infos en bref :
o Parle 4 langues (hongrois, anglais, allemand et français) ;
o Goûts musicaux en dehors de la musique classique : les musiques du monde et les musiques populaires des quatre coins du globe, en particulier celles de Hongrie ;
o Mais aussi : la musique klezmer, le smooth jazz ou la Bossa Nova ;
o En cuisine : ses « plats signature » : le ragù bolognese et la soupe aux tomates ;
o Livres favoris : Cent ans de solitude (Gabriel García Márquez), L’insoutenable légèreté de l’être (Milan Kundera), 1984 (George Orwell) ;
o Séries TV : Breaking Bad, The Affair, Narcos, Homeland, South Park ;
o Amateur de bières belges et en particulier de Westvleteren ;
o Gergely Madaras vit à Londres, avec son épouse qui mène une belle carrière de flûtiste, et leur petite fille de 4 ans.

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