A l'origine de l'opera buffa

par
Cesti
Antonio CESTI (1623 - 1669) L'Orontea Paula MURRIHY (Orontea), Sebastian GEYER (Creonte), Juanita LASCARRO (Tibrino, Amore), Guy de MEY (Aristea), Xavier SABATA (Alidoro), Simon BAILEY (GELONE), Matthias REXROTH (Corindo), Louise ALDER (Silandra), Kateryna KASPER (Giacinta), Katharina MAGIERA (Filosofia), Frankfurter Opern- und Museumorchester, Monteverdi-Continuo-Ensemble, dir.: Ivor BOLTON 2017-DDD-62'18, 55'15 et 58'20-Textes de présentation en allemand et anglais-OEHMS OC 965 (3 cd) L'Orontea de Antonio Cesti, créée en 1656, est sans doute l'un des premiers exemples d'opéra comique, précurseur direct de l'opera buffa. Personnages ivres, grotesques ou ridicules, quiproquos, déguisements, péripéties sans nombre: les ingrédients du genre sont déjà tous présents. Dire que Cesti traite avec maestria ce sujet plein de verve est peu dire: cela bondit, virevolte, sautille dans tous les sens, même dans les récitatifs, liés intimement aux airs. A plus d'une reprise, on songe aux ouvrages madrigalesques, bien antérieurs, d'Orazzio Vecchi (L'Amfiparnasso, Les veillées de Sienne) ou d'Adriano Banchieri (La pazzia senile, La barca di Venetia per Padova). Comme c'est le cas pour la plupart des oeuvres lyriques de l'époque, nulle instrumentation n'est renseignée sur la partition. Pour résoudre ce problème, les musiciens sont partis de l'hypothèse que Cesti, actif alors à la cour d'Innsbrück, a pu bénéficié d'un ensemble plus fourni que ceux des maisons d'opéra de Venise soumises à des restrictions budgétaires car les musiciens de la capitale tyrolienne étaient, eux, subventionnés par des fonds privés. De ces maigres sources, Ivor Bolton a tenté de construire un orchestre plausible et le résultat est très convaincant, inspiré également par les compositions en provenance de la Sérénissime puisque Cesti y avait été actif pendant plusieurs années. L'argument est quelque peu alambiqué... comme dans beaucoup d'opéras et préfigure celui de Cosi fan tutte. Comme chez Mozart et da Ponte, la morale est sauve mais tout juste. Le plus important reste la qualité de la musique, d'une vitalité extraordinaire, dont le rythme d'enfer semble ne jamais devoir faiblir. Ce n'est pourtant pas qu'une farce: certaines pages, en effet, distillent, au moment où l'on s'y attend le moins, une émotion qui étreint; un artifice, peut-être (Mozart, en particulier, en usera d'abondance, bien plus tard, dans Don Giovanni), mais très efficace. Il n'est pas étonnant que L'Orontea fut présentée à Rome, Florence, Venise et resta l'un des ouvrages lyriques les plus appréciés au 17ème siècle. Si vous êtes passionnés de Monteverdi mais voulez sortir de sa merveilleuse trilogie et, par la même occasion, aborder des sujets plus légers, L'Orontea est pour vous. Bernard Postiau Son 9 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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