Angela Gheorghiu, le retour !    

par
Gheorgiu

Angela GHEORGHIU : Eternamente
Airs et duos de Mascagni, Donaudy, Puccini, Boito, Mascheroni, Refice, Ponchielli, Giordano et Leoncavallo
Angela Ghiorghiu (soprano), Joseph Calleja (ténor), PKF-Prague Philharmonia, dir.: Emmanuel Villaume
2017-60'- Texte de présentation et des extraits chantés en anglais, français et allemand-chanté en italien-Warner Classics 0190295780241

Voici le nouveau récital de la diva roumaine, après six années de silence. Sous-titré "The Verismo Album", il est en effet consacré à ce style musical, illustré par ce qu'on appelait alors "la Jeune Ecole musicale italienne", dans les années 1890, et que l'on peut définir comme réalisme, ou naturalisme. Il comprend des tubes connus partout dans le monde. Mais Gheorghiu a voulu aussi défendre quelques opéras plus rares, ainsi que trois chants, respectivement "O del mio amato ben"de Donaudy, mélodie écrite pour faire valoir la voix, "Eternamente" de Mascheroni, proche de l'air d'opéra, et qui donne son titre à l'album, et enfin le ravissant "Ombra di nube" de Refice. Aux côtés de ces petites perles, quatre curiosités de compositeurs connus. Un très bel air de Siberia, de Giordano, qui voit Gheorghiu séduire par sa ligne de chant si pure, et par les dernières mesures, capiteuses, pianissimo... De l'immortel auteur de Paillasse, elle a retenu la présentation, plutôt guillerette, de Mimi par Musetta au café Momus, dans La Bohème, et un air des Zingari, d'après Les Tsiganes de Pouchkine (qui inspira aussi Rachmaninov pour son Aleko). Autre curiosité, l' "hymne à Paris " dans La Rondine de Puccini, chanté par le ténor Ruggero, et ici transposé pour soprano. Viennent enfin les tubes. De Puccini, précisément, le célèbre "Vissi d'arte" de La Tosca, un peu trop concert ici, le dramatique "Suicidio ! "de La Gioconda de Ponchielli, fort bien ressenti, et l'air de Marguerite au troisième acte de Mefistofele de Boito, où elle se voit rejointe par Richard Novak en Mefistofele, et Joseph Calleja en Faust. Le même ténor maltais intervient dans les deux grands duos de l'album. Tout d'abord, en premier numéro, le "Regina Coeli", suivi de l'air "Voi lo sapete, o mamma", puis du duo "Tu qui, Santuzza ?", long extrait de plus de 17 minutes de la Cavalleria rusticana de Mascagni. Gheorghiu possède toute la puissance requise pour son grand air, mais affirme également toute sa musicalité raffinée, malgré une (petite) tendance au sanglot. Le duo avec Calleja est splendide. Second duo : la scène finale d'"Andrea Chenier" de Giordano, avec sa phrase immortelle "Ah ! Chi la parola estrema dalle lubbra". Les deux chanteurs expriment leur passion avec fougue, et leurs voix s'unissent, puissantes, éperdues, mais sans jamais passer au cri. Du grand art pour finir le CD en beauté. Un joli coup de chapeau à Emmanuel Villaume, qui parvient à recréer les ambiances particulières à chaque morceau, ce qui n'est pas évident, en particulier dans les moments dramatiques (Ponchielli, Giordano). Angela Gheorghiu a bien réussi son retour, et nous charme encore et toujours par son timbre velouté et sa personnalité unique. D'ailleurs, sur son site, elle dit ceci à propos d'"Eternamente" : "A new gift for my fans and admirers around the world". CQFD.
Bruno Peeters

Son 10 - Livret 8 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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