Anna Vinnitskaya sauve la mise dans un mémorable quintette de Schumann

par
Vinnitskaja
Le Quatuor Artemis et Anna Vinnitskaya Avouons-le: la première partie de ce concert ne m'a absolument pas convaincu. Dans le 3ème quatuor de Beethoven, les Artemis ne purent nous offrir qu'une prestation où tout était prévisible, uniforme, trop homogène, sans rien qui ménage l'intérêt. Bartok (3ème quatuor également) ne fut pas servi avec plus de succès: peu de relief, angles arrondis à l'excès, son terne...Tout se ligua pour faire perdre à l'oeuvre la fraîcheur de sa modernité. Pire, le style du compositeur du Château de Barbe-Bleue leur échappa et son idiome si particulier fut totalement éclipsé. Après un si triste début de soirée, on ne s'attendait pas à une seconde partie si réussie. C'était compter sans la présence électrique de la minuscule mais ô combien charismatique Anna Vinnitskaya qui entraîna notre quatuor dans son sillage, si l'on ose dire, pour un quintette avec piano de Schumann qu'on peut assurément qualifier d'anthologique. Le caractère à la fois tourmenté et volontariste du Rhénan fut magnifié de superbe façon grâce à l'énergie et, surtout, l'immense talent, de la pianiste russe qui inspira à tout moment le climat parfait, l'émotion exacte des mille et une nuances nécessaires et poussa tout son petit monde à l'indispensable extraversion qu'exigent ces pages extraordinaires. L'hommage à Mendelssohn dans le 3ème mouvement, celui à Bach dans le dernier furent merveilleusement restitués. En guise de bis, nous eûmes droit à une redite, plus débridée encore, du scherzo. Un demi concert d'exception. Bernard Postiau Bozar, le 24 février 2017

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