Année Debussy, suite...

par http://www.endavant.org/
Debussy Hough

Claude DEBUSSY
(1862 – 1918)
Estampes; Images I; Images II; Children’s Corner; La Plus Que Lente; L’Isle Joyeuse
Stephen Hough, piano
2018 DDD 69’25 Livret anglais, français, allemand CD Hyperion CDA 68139

Année Debussy oblige : voici à nouveau un récital d’oeuvres pianistiques, cette fois par un des excellents pianistes du label anglais Hyperion. Il débute de la plus belle des façons par la première estampe : Pagodes. Le jeu délicat de Stephen Hough fait merveille. A la fin du morceau, l’ornementation arpégée dans l’aigu est parfaite. Soirée dans Grenade nous emmène en Andalousie au temps des Maures, une Habanera nonchalante et indolente avec sa guitare dans la dernière partie. La délicatesse de Hough est de plus en plus frappante au fil du disque. Les chansons populaires parsèment les doubles croches (la pluie) qui courent tout au long de Jardins sous la Pluie. Mais voici qu’elles cessent : le soleil revient, l’enfant peut à nouveau y jouer. Après la pluie, les Reflets Dans l’Eau avec ses ricochets de cailloux lancés par une main invisible. Dans Hommage à Rameau, musicien français par excellence, mais dont on ne trouve aucune citation (l’esprit plutôt que la lettre), la reprise du thème est caractéristique du jeu clair et délicat, du bout des doigts, du pianiste anglais. La virtuosité de Mouvement, la pièce qui clôture le premier cahier, est abordée comme il se doit chez Debussy, en évitant une articulation démonstrative. Le deuxième cahier débute par les Cloches à Travers Les Feuilles. Ici, la version de Seong-Jin Cho (Joker Crescendo, DG) est insurpassable. Ensuite, c’est la lune qui descend sur le temple, un très beau nocturne à l’atmosphère fascinante installée par Stephen Hough. Les Poissons d’Or nous ramènent à la peinture postérieure de Paul Klee (The Goldfish) qui orne judicieusement le recto du livret. Voici à présent le Coin des Enfants, six pièces dont la première, Doctor Gradus ad Parnassum, n’est pas la meilleure du disque. La Berceuse de Jumbo n’en est pas tout à fait une, au contraire de la Sérénade Pour la Poupée, exemplaire. La neige Danse, mais pas aussi bien que chez Seong-Jin Cho. Le Petit Berger est plutôt joyeux, et le Cake-Walk de Golliwok n’est, pour une fois, pas exagéré ni vulgaire. Un Children’s Corner en demi teinte donc. Par contre, la valse La Plus Que Lente, est très convainquante, et L’Isle Joyeuse est interprétée avec l’enthousiasme d’un départ pour l’île de Cythère. Au total, un excellent disque, malgré quelques faiblesses toutes relatives dans Children’s Corner. Soulignons de très bonnes notes de pochette de la part du célèbre musicologue Roger Nichols.
Dominique Lawalrée

Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 9

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