Après Sir John Barbirolli en 1949, le Hallé Orchestra revient à Sibelius avec Sir Mark Elder

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Jean SIBELIUS (1865-1957) Symphonie n°5 en mi bémol majeur, op. 82 et n° 7 en do majeur, op. 105 En saga, poème symphonique, op. 9 Hallé Orchestra, direction : Sir Mark Elder 2016-DDD-72'13"-Textes de présentation en anglais, français et allemand - 1 CD Hallé  En effet, le mythique orchestre de Manchester fondé en 1858 par Sir Charles Hallé revient à Sibelius sous la direction de son chef actuel. Très méprisé par les français dans les années '50 et encore trop négligé dans l'hexagone aujourd'hui, Sibelius a toujours fasciné les anglo-saxons. Panthéiste, imprégné de la nature finlandaise, ce sont les cygnes qui lui inspirent la 5ème symphonie. Aujourd'hui à onze heures moins dix, j'ai vu seize cygnes, écrit-il chez lui à Ainola en avril 1915. L'appel à la nature parcourt toute la partition depuis l'appel des cors, évocation du lever du jour, qui ouvre la partition, jusqu'au dernier mouvement et son hymne des cygnes qui progressivement modifié sous-tend ce finale. Créée dès la fin 1915, la symphonie sera remaniée plusieurs fois avant de connaître sa version définitive en 1919. La dernière symphonie connue, la septième, est créée en 1924 ; on sait que Sibelius a probablement terminé une huitième symphonie que, dans le doute profond qui le saisit après la septième, il aurait brulée. De structure inédite et d'une grande audace formelle chez Sibelius, la septième est construite en un seul mouvement de 525 mesures où les progressions harmoniques n'arrêtent pas de se résoudre en successions continues. Le grand chef Serge Koussevitzky évoquait à son sujet un Parsifal finlandais. Sibelius vient d'entrer dans la franc-maçonnerie ; avec cette dernière symphonie, il réussit une synthèse musicale complète, tant esthétique que formelle. Avec son premier poème symphonique, En saga, on revient en 1893 aux débuts du compositeur. Sibelius mentionnait que sa partition reflétait son propre caractère, le voyage d'une âme à travers un paysage surnaturel. L'œuvre dans sa diversité thématique et sa liberté tonale montre déjà une parfaite maîtrise des questions formelles dans sa version remaniée de 1901. Sir Mark Elder, directeur musical du Hallé Orchestra depuis plus de quinze ans, avait déjà souligné son intérêt pour l'œuvre symphonique de Sibelius. Dès 2009, paraissait l'enregistrement des première et troisième symphonies, suivies en 2013 par la seconde. Ne manquent plus que la quatrième et la sixième symphonies et, peut-être, l'inclassable symphonie Kullervo op.7. Elder et le Hallé nous livrent des versions posées, parfois austères de ces symphonies. Enregistrements live, prise de son de très belle qualité, voici une version qui rivalise heureusement avec d'autres bien établies : Karajan et le Berliner, Bernstein et le New York Philharmonic, Colin Davis et le Boston, Osmo Vänskä et le Lahti Symphony Orchestra, parmi d'autres.         Jean-Marie André Son 9 – Livret 7 –  Répertoire 10 – Interprétation 9

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