Après un rêve

par

Mélodies et pièces instrumentales de Massenet, Fauré, Gounod, Saint-Saëns, Chausson, Godard et Berlioz Karine DESHAYES (mezzo-soprano), Ensemble Contraste : Arnaud Thorette (violon), Bleuenn Le Maître (violon), Maria Mosconi (alto), Antoine Pierlot (violoncelle), Johan Farjot (piano). 2015-DDD-72 '-Textes de présentation en français et anglais-Chanté en français-Textes non reproduits-Aparté AP106 Les chanteurs - ou leurs producteurs - rivalisent d'originalité dans les récitals. Soit on publie des CD consacrés  à une star du passé (Farinelli, Marie Fel, la Malibran), soit à un rôle récurrent du répertoire (Sémiramis, Agrippine), soit à une période particulière de l'Histoire (la cour de Versailles, la belle époque). Ces CD font alterner airs, scènes et quelques morceaux pour orchestre. Voici cette fois plus fort encore : un récital de mélodies françaises entrecoupées de pièces de musique de chambre. Des mondes proches se côtoient, pourquoi pas ? Les compositeurs oeuvraient souvent dans les deux domaines. Karine Deshayes, "la" mezzo française actuelle, a ainsi agencé son récital, aidée par l'ensemble Contraste, ouvert à toute discipline comme le musical, le jazz ou le contemporain. Il en résulte un CD très varié, fort agréable à l'écoute. Huit mélodies et six pièces instrumentales se suivent, certaines connues, d'autres moins. Le titre du CD renvoie à Fauré bien sûr, mais ses collègues mélodistes sont là aussi : Gounod (Le Soir, L'Absent), Massenet (Elégie), Saint-Saëns (Violons dans le soir), Chausson (Chanson perpétuelle) et le rare Godard (Berceuse de Jocelyn). Quant aux petits morceaux de chambre, ils visent le même charme : Le Cygne de Saint-Saëns, ou la Méditation de Massenet ravissent toujours, mais on découvre d'autres enchantements... Soulignons que Johan Farjot pourvoit quelques mélodies de lignes détachées de la partition de piano pour les confier au violon ou au violoncelle. Cela surprend à première écoute. La voix pure de Karine Deshayes, dont elle fait un si bel usage à l'opéra, ne néglige pas les aspects dramatiques de certains textes telle l'ultime Captive de Berlioz. Ultime ? Pas vraiment, car arrive une surprise : non mentionnée dans la liste des plages, suit une transcription de la célèbre Pavane de Fauré pour trio à clavier. Petite pirouette heureuse et point final d'un disque aussi original que parfaitement accompli. Bruno Peeters

Son 10 - Livret 9 - Répertoire 9 - Interprétation 10

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