Au coeur de l'Allemagne du 17ème siècle

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Samuel SCHEIDT
(1587 - 1654)
Cantiones Sacrae: extraits
Frank SCHWEMMER
(° 1961)
Die Stimme meines Freundes
Athesinus Consort Berlin, dir.: Klaus-Martin BRESGOTT
2017-DDD-74'24-Textes de présentation en anglais et allemand-Carus 83.488

Le plus jeune des fameux trois « S » allemands du 17ème siècle, avec Schein et Schütz, Samuel Scheidt connut une carrière et réalisa un corpus parallèles à ceux de ses collègues. Alors que Schütz oeuvrait à Dresde et Schein à Leipzig, Scheidt lui, officiait dans sa ville natale de Halle; ils étaient donc voisins. Leurs vies furent profondément marquées par les bouleversements de la guerre de 30 ans qu'ils vécurent tous trois dans son entièreté, avec les mêmes conséquences sur leur style musical: leurs opus sont fervents mais en général sévères, voire tragiques. Les Cantiones Sacrae sont un imposant recueil de 38 motets publiés en 1620, un monument que Schütz défiera en 1625 en en écrivant un autre portant même titre mais riche de 40 pièces. Cependant, alors que ses concurrents se limitent généralement à cinq, voire sept voix, Scheidt, lui, n'hésite pas à aller jusqu'à huit voix. Malgré des styles à première vue assez proches, on peut distinguer grossièrement des différences fondamentales: chez Schütz prédomine le souci de la relation entre la musique et le verbe, tandis que Schein ne se départira jamais d'une écriture italianisante, souvent plus spectaculaire et expressive. Scheidt, lui, portera davantage son attention sur l'architecture et le contrepoint, ce qui ne peut étonner venant d'un compositeur qui aura fait ses premières armes au clavier. Ce qui frappe également est la très grande retenue émotionnelle: même si les sentiments affleurent partout, ils ne sont jamais exprimés avec autant de force et d'évidence que chez les deux autres. Aurons-nous un jour une intégrale de ce cycle? Pour l'instant, en tout cas, nous devrons nous contenter de sélections telles que celle-ci. Notre frustration est d'ailleurs atténuée par le fait que les pages retenues sont particulièrement somptueuses et jouées de façon tout à fait idéale par un choeur aux proportions très raisonnables, ni trop fourni ni trop maigre. On s'interrogera pas contre sur la pertinence d'inclure au programme une partition d'un musicien allemand contemporain: Frank Schwemmer, né en 1961. Die Stimme meines Freundes est un ensemble de six pièces proposées en deux intermèdes, certes de belle facture, entre chant et sprechgesang, bien que fort sinistres à notre goût, sans rien de la lumière d'espoir que porte, malgré les épreuves et les vicissitudes, l'oeuvre de Scheidt. Il est toutefois légitime de se poser la question du pourquoi de ce choix. Ce qui « passerait » en concert convient nettement moins, à notre sens, dans un programme discographique. A part cette légère réserve, on ne peut que louer le grand professionnalisme tant des interprètes que de l'éditeur.
Bernard Postiau

Son 9 - Livret 9 - Répertoire 10 - Interprétation 9

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