Au crépuscule du baroque et à l'aube du classicisme

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Johann Stamitz (1717-1757) Six sonates pour violon et basse continue, op. 6 (en sol, en do, en mi bémol, en la, en ré et en si bémol) Stephan Schardt, violon, Michael Behringer, clavecin 2014-SACD-67'16''-Texte de présentation en anglais, français et allemand - 1 CD MDG 903 1862-6Le patronyme Stamitz est bien connu par les musiciens Anton, Karl et leur père Johann. C'est de ce dernier, mort jeune à 40 ans, un an après la naissance de Mozart, qu'il s'agit dans cet enregistrement. C'est dire que ce musicien "bohémien" - il est né à Jihlava à mi-distance entre Prague et Brno - est un des artisans de la transition du baroque au classicisme. On sait peu de sa jeunesse à part une formation chez les jésuites dont l'intérêt pour le rôle éducatif de la musique n'est plus à démontrer, que ce soit dans les missions de l'Amérique du Sud, en Chine ou, ici, en Europe centrale. En 1742, il est à la célèbre cour de Mannheim, comme premier violon d'abord, comme directeur musical ensuite et comme second maître de chapelle enfin. À côté de son important corpus de près d'une cinquantaine de symphonies et de ses divers concertos pour violon, flûte ou clavecin, sans oublier son unique concerto pour clarinette, les six sonates pour violon de cet opus 6 pourraient faire pâle figure ; ce n'est pas le cas. La virtuosité instrumentale et l'invention harmonique sont au rendez-vous dans une forme qui ne sera que passagère : un adagio bipartite, suivi d'un allegro bithématique et d'un menuet conclusif. Le violon se taille la part du lion, le clavecin restant confiné à un rôle de basse continue. Curieux choix interprétatif : les interprètes font les deuxièmes reprises dans les mouvements lents initiaux mais pas dans les allegros qui suivent. Il est vrai que les partitions imprimées ne sont guère cohérentes à ce sujet ; parfois, elles mentionnent la reprise, parfois pas. Tout un temps premier violon du Musica Antiqua Köln, Stephan Schardt connaît son sujet ; il domine parfaitement ces sonates qui ne sont guère faciles par leurs multiples traits virtuoses et leurs longs passages en doubles cordes. Michel Behringer, ancien élève de Ton Koopman, le soutient par une basse continue mieux réalisée que dans les partitions originales. Une très belle introduction à la musique de chambre de Mannheim ! Jean-Marie André Son 8 – Livret 10 –  Répertoire 8 – Interprétation 9

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