Aux limites de l’austérité

par
Duruflé
Maurice DURUFLÉ (1902 - 1986) Requiem pour solistes, chœur, orchestre et orgue op. 9 Ottorino RESPIGHI (1879 - 1936) Concerto grégorien pour violon et orchestre Okka von der DAMERAU (mezzo-soprano), Ljubomir PUSKARIC (baryton), Max HANFT (orgue), Henry RAUDALES (violon), Chœur des Bayerischen Rundfunks, Münchner Rundfunkorchester, dir. : Ivan REPUSIC DDD–2017–72’ 10’’–Texte de présentation en allemand et en anglais–BR Klassik 900320 Quel curieux couplage ! D’un côté, le célèbre Requiem de Maurice Duruflé ; de l’autre, le méconnu Concerto grégorien pour violon et orchestre d’Ottorino Respighi. Qu’est-ce qui les relie ? Peut-être le seul fait que ces deux œuvres ont, précisément, quelque chose de grégorien et qu’elles baignent dans un climat de gravité extrême, aux limites de l’austérité. Il est vrai que lorsque Maurice Duruflé devait recevoir la commande d’un Requiem (par le régime de Vichy !), il était en train de travailler sur une partition pour orgue utilisant des thèmes du chant grégorien et qu’il n’a pas hésité à les reprendre pour bâtir les neuf mouvements de sa messe des morts, dont la première a été exécutée par l’Orchestre National de France sous la direction de Roger Désormière, en novembre 1947. Ce Requiem pour solistes, chœur, orchestre et orgue a fait toute sa gloire, au point d’éclipser ses autres œuvres, qui sont nombreuses et comprennent notamment de fort belles transcriptions de Jean-Sébastien Bach et de Robert Schumann. Ses interprètes, sur le présent enregistrement, en donnent une version de qualité, peut-être un rien trop dramatique, sans doute parce que le chef croate Ivan Repusic est habitué depuis quelques années à diriger en Allemagne de grands opéras du répertoire. Dramatique, et même tragique, ce sont les adjectifs qui qualifient aussi le Concerto grégorien pour violon et orchestre qu’Ottorino Respighi a composé en 1921 et dont on s’étonne qu’il ne soit pas plus joué, tant il offre à un violoniste des possibilités d’expression extraordinaires et tant son écriture est maîtrisée – preuve patente qu’Ottorino Respighi, trop souvent réduit à sa trilogie romaine, Les Fontaines de Rome (1916), Les Pins de Rome (1924) et Les Fêtes romaines (1928), est un musicien de tout premier plan et que la majeure partie de ses opus (parmi lesquels une dizaine d’opéras) restent entièrement à découvrir, y compris en Italie. Jean-Baptiste Baronian Son 9 – Livret 6 – Répertoire 9 – Interprétation 9

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