Beethoven, Dvorak, Haydn et Saint-Saëns chez Bärenreiter

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Les éditions Bärenreiter Urtext de musique pour piano sont destinées non seulement aux spécialistes, mais offrent également aux musiciens, étudiants, enseignants ou amateurs un maximum d'informations. Elles sont proposées avec des préfaces détaillées introduisant les œuvres, leur histoire, l'histoire de leur interprétation, les ornements, la pédalisation, les articulations, écrites par des auteurs de renom, musicologues ou pianistes spécialistes des compositeurs concernés. L'oeuvre de Beethoven est ainsi introduite en allemand et en anglais par Jonathan Del Mar, l'un des plus grands connaisseurs du compositeur. Des facsimiles font pénétrer au coeur de l'oeuvre. De plus, atout non négligeable, la graphie est soignée, claire, et les "tournes" de pages intelligemment étudiées. Sont récemment parues les 3 sonates de l'opus 10 de 1798 (BA 10857), les 3 sonates de l'opus 31 de 1802 (BA 10805), les 2 sonates "faciles" de l'opus 49 de 1796/98 (BA 10858), la sonate op. 78 "A Thérèse" de 1809 (BA 11807) et la sonate "facile" "le Coucou" op. 79 de 1808 (BA 11815). De Beethoven encore, le Quatuor à cordes op. 127  en parties séparées et en partition d'étude de proche (BA 9029 et TP 929). C'est Iacopo Cividini, spécialiste du compositeur, qui a procédé à l'édition du Concerto pour violon en la mineur op. 53 d'Antonin Dvorak et propose la première édition Urtext de sa réduction avec piano, très probablement de la main du compositeur. Moins connu que le concerto pour violoncelle, l'op. 53 reste un des chefs-d'oeuvre de la littérature romantique; souhaitons que cette partition avec réduction pour piano mette davantage cette oeuvre au programme des concerts. Composé en 1879, il puise largement aux sources populaires. Dvorak le fit parvenir à Joseph Joachim qui proposa une série de remaniements qu'effectua le compositeur; toutefois, le violoniste ne joua jamais le concerto. Il fut créé à Prague le 14 octobre 1883 par Frantisek Ondricek sous la direction de Moric Anger. Cette nouvelle édition Urtext se base sur la première édition (partition, partie solo, parties d'orchestre) et la partition autographe, tirant ainsi au clair certaines notations et articulations ambiguës (Partition d'orchestre BA 10422 - Réduction avec piano BA 10422-90). Le Quatuor pour piano en ré majeur op. 23 d'Antonín Dvorák, injustement éclipsé aujourd'hui par ses œuvres les plus populaires, fut composé alors que le compositeur était au faîte de sa maturité artistique. Entrepris le 24 mai 1875, il fut terminé 18 jours plus tard mais dut attendre le 16 décembre 1880 pour être créé, grâce à l'Union des Artistes, dans la salle du Konvikt de Prague. Peu avant, il fut retouché avant sa publication chez Schlesinger à Berlin. Cette révision est la source principale de la nouvelle édition Urtext proposée ici. Le Quatuor est basé sur une structure rare mais propre au compositeur : une découpe en trois mouvements dont le dernier inclut le Scherzo et le Finale. Préface en David R. Beveridge en anglais, allemand et tchèque; rapport critique en anglais de Robin Tait (Edition complète et édition des parties BA 9574). Camille Saint-Saëns a enrichi le monde de la musique avec une variété de chefs-d'œuvre pour violoncelle : des concertos, des sonates dont deux pour violoncelle et piano (op. 32 et 123) ainsi que des miniatures telles "Le Cygne" et l'"Allegro appassionato" op. 43. C'est à Yves Gérard que l'on doit la découverte en 1996 d'une troisième sonate dans les papiers de Jean Bonnerot (1882-1964) donnés au Musée de Dieppe en 1972. Cette ultime sonate, dont le début de la conception remonte à 1913, montre que l'intérêt de Saint-Saëns pour l'instrument n'a jamais faibli. Elle fut composée à l'intention de Pierre Destombes, jeune violoncelliste qui émut le compositeur par "le son, le charme, le style", et de son épouse, la pianiste Jeanne Carruette. L'inspiration semblait manquer au compositeur qui, à de multiples reprises, songea à abandonner la composition de cette 3e sonate pour violoncelle et piano. Elle fut jouée six ans plus tard par le violoncelliste Joseph Hoffmann qui... oublia la partition dans une voiture la veille d'une première audition publique. Nuit et jour, Saint-Saëns la réécrivit et l'audition eut lieu. Toutefois, de ce dernier manuscrit, il ne reste que les deux premiers mouvements, le second s'interrompant soudainement. Comme on ne sait où la voiture transporta la partition première, il ne nous reste que deux mouvements de cette oeuvre qui demanda tant d'énergie au compositeur. Comme les deux premières sonates, ces deux mouvements alternent passages lyriques et très rythmés, contrastes renforcés par des changements harmoniques audacieux. Un ajout intéressant au répertoire du violoncelle. La préface de Denis Herlin est proposée en français, anglais et allemand (BA 10910).

Dans ses dernières sonates pour piano Hob XVI: 40-42 (1784) et Hob XVI: 48-52 (1788-1795), Haydn se montre un compositeur accompli tant dans la forme que dans l'expression. Quintessence de la composition de ses sonates, les dernières reflètent le brio, la technique du pianoforte et les nouvelles impulsions que Haydn a recueillies à Londres et qui semblaient impressionner le jeune Beethoven. D'une remarquable graphie, la nouvelle édition Urtext propose des tournes de pages pratiques. La large préface en anglais et en allemand de Bernhard Moosbauer est suivie d'importants conseils d'exécution (articulation, staccatos, ornements, pédales,...) et des pratiques du temps de Haydn ainsi que de jeu sur piano moderne signés de Rebecca Maurer (BA 10804).

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