Beethoven, toujours !

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Le génie de Beethoven
Le génie de Beethoven  par Bernard Fournier Bernard Fournier s'était déjà imposé comme musicologue affirmé avec ses trois volumes à cordes d'une "Histoire du quatuor à cordes" (2000, 2004, 2010) et son panorama du quatuor à cordes (2014), tous parus chez Fayard. Il n'est donc pas étonnant de le retrouver dans la collection "les chemins de la musique" du même éditeur avec un important ouvrage sur "le génie de Beethoven". Vaste projet s'il en est ! Comme l'écrit l'auteur, "aussi nous efforcerons-nous dans ce livre de mettre le doigt sur ce qui, dans l'écriture, dans l'architecture, revêt un caractère à ce point exceptionnel que nous en sommes transcendés. Et son expertise dans le domaine du quatuor à cordes ne manque pas de se refléter dans le présent ouvrage. L'auteur ne s'en cache d'ailleurs pas : "De ces trois piliers de la sagesse beethovénienne [les symphonies, les quatuors à cordes, les sonates pour piano],celui du quatuor est sans doute le plus fécond pour s'interroger sur la notion de chef-d'oeuvre comme réalisation suprême et énigmatique du génie humain. Nous le prendrons donc souvent comme référence." L'originalité de l'ouvrage est d'être structuré en trois parties d'importance égale : l'énergie (102 p.), l'espace (98 p.) et le temps (103 p.). D'après Fournier, ce sont ces catégories qui permettent de mieux appréhender, à partir de critères objectifs, l'originalité du génie de Beethoven. Pour lui, elles remplacent les catégories traditionnelles de l'écriture musicale c'est-à-dire le triptyque mélodie, harmonie, rythme. Ce livre repose sur une démarche humaniste évidente favorisée par la vaste culture de son auteur, ingénieur de formation, également à l'aise dans la connaissance de la littérature et de la philosophie. On peut être étonné du parti pris par l'auteur de ne pas prêter trop d'attention à l'environnement historique du compositeur. L'oeuvre de Beethoven aurait-elle été la même si elle n'avait été concomitante avec les tentatives de libéralisation de Joseph II, avec la révolution française et avec l'épopée napoléonienne ? Dans ses éditions, Fayard semble peu enclin à reproduire des extraits de partitions. A mon avis, c'est regrettable, on se retrouve devant des textes comme la 5e variation de l'Adagio du 12e Quatuor (mes. 109-110 [12'54"-13'05"], peu pratiques pour celui qui lit la musique. Cela ne simplifie pas la lecture. Pourquoi ne pas envisager l'impression d'un livret séparé avec les exemples musicaux comme le font certains éditeurs. De plus, le minutage fait référence à une interprétation donnée - ici, la version du Quartetto Italiano; choix subjectif donc, pourquoi pas le quatuor Alban Berg ? A part ces deux réserves, on se trouve devant une contribution qui doit figurer dans toute bibliothèque beethovénienne à côté des indispensables comme le Guide de la musique de Beethoven d'Elisabeth Brisson. Jean-Marie André 2016, Fayard, les chemins de la musique, 440 pages, 21 €

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