Blechacz, proche du jeu de Chopin

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Frédéric Chopin (1810-1849)
Polonaises

Rafal Blechacz (piano)
2013 - LC 0173 - 59'47'' - Notice en anglais, allemand et français - Deutsche Grammophon
Il existe un autre rêve que de gagner le Concours Chopin à Varsovie pour tout jeune pianiste polonais : enregistrer les Polonaises de Chopin chez Deutsche Grammophon. Rafal Blechacz a réalisé ces deux rêves. Ce jeune pianiste polonais ne fait que confirmer au fil des années son amour et son aisance dans Chopin. Après une victoire éclatante au mythique Concours Chopin Blechacz continue à explorer l'univers chopinien et suit une trajectoire comparable à celle de son illustre compatriote : Krystian Zimerman. La comparaison s'arrête là car leur jeu diffèrent sensiblement. Le jeu de Blechacz gagne en chaleur et intensité musicale contrairement à son aîné. Il suffit d'écouter la Polonaise op. 44 pour s'en convaincre ; quelle autorité de jeu, quelle puissance musicale alliée à un jeu clair et construit. On a rarement la chance d'entendre des Polonaises aussi bien interprétées. L'écueil où tombent parfois certains pianistes est d'en faire des oeuvres de haute-voltige ou simplement le contraire, des oeuvres sentimentales remplies d'une nostalgie suave et mièvre. Blechacz a su faire un beau compromis entre les différents caractères qui s'agitent dans ces oeuvres. Paradoxalement Chopin fait partie des compositeurs les plus aimés par le pianistes et le public, mais il est aussi à n'en pas douter l'un des plus difficiles à bien jouer. On peut passer sa vie entière à sonder le mystère de l'oeuvre de Chopin. Jusqu'où aller ? Comment le dire ? Pianistiquement il est aussi très délicat. On peut avoir les doigts faits pour jouer du Beethoven, Liszt, Schumann, Rachmaninov ou tant d'autres mais cela n'aidera jamais à savoir jouer Chopin. Sa musique est universelle mais sa technique est unique. Blechacz se rapproche de plus en plus de ce que devait être le jeu de Chopin, un jeu clair, puissant, sensible, bien rythmé, fier et d'une certaine manière, aristocrate. Blechacz a bien saisi la noblesse de ces oeuvres (Polonaise op. 53), noblesse qui implique une clarté dans l'élocution et une rythmique précise et soutenue ; on est loin des interprétations très rubatisantes d'il y a quelques années….(Samson François). Et on n'a pas à le regretter car cette vision de Chopin insuffle un vent nouveau dans l'interprétation du compositeur polonais, plus d'objectivité dans le texte laissant place à plus d'émotions vu que le texte se suffit tellement à lui-même. Pour ce qui est de la compréhension du texte, Blechacz est un maître, il souligne certains contre-chants que personne jusqu'ici n'avait vu ou entendu ; simplement "souligné" car Blechacz n'est pas de ces pianistes qui nous montrent du doigt avec une loupe les endroits intéressants qu'ils ont trouvé pour se mettre en valeur. Non. Blechacz se met au service de l'oeuvre. Ce disque est une vrai réussite et peut se placer aux côtés des versions de Berman, François, Cziffra et Muraro. A écouter.
François Mardirossian

Son 10 - Livret 8 - Répertoire 10 - Inteprétation 10

 

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