Bruckner en demi-teintes

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Anton BRUCKNER (1824 – 1896) Troisième symphonie Richard WAGNER (1813 – 1883) Ouverture de Tannhäuser Gewandhausorchester Leipzig, dir. Andris Nelsons 2017 DDD 75’48 Livret anglais, allemand, français DG 479 7208 Ce nouveau CD d’Andris Nelsons démontre qu’il ne suffit pas de déclarations d’intentions pour réussir une bonne interprétation. En effet, le texte écrit par le chef dans le livret est remarquable, car, en peu de mots, il décrit bien l’esthétique de Bruckner, en mettant l’accent sur sa quête spirituelle. Il est intitulé “La musique de Bruckner élève l’âme”. Mais la déception est au rendez-vous : on entend surtout une interprétation quelque peu superficielle, ce qui est le comble pour une musique spirituelle. Le disque étant l’enregistrement d’un concert, je suppose que cela passait mieux en étant présent dans la salle. Ecoutons plutôt Karajan (DG, Berlin), Celibidache (EMI, Munich), et surtout Jochum 1968 (DG, radio bavaroise) pour mieux saisir l’essence de cette troisième symphonie, la première vraiment personnelle de Bruckner, même si elle fut dédiée à Wagner, dont on trouve en complément sur ce disque l’ouverture de Tannhäuser, décevante elle aussi. Ce rapprochement du compositeur autrichien avec le compositeur allemand a, soit dit en passant, fait beaucoup de tort à Bruckner. Les admirateurs de Wagner ont toujours su que ce cousinage était forcé, et n’ont donc pas plus aimé Bruckner. Quant aux admirateurs du musicien autrichien, ils n’aiment pas forcément Wagner, et trouvent du coup Bruckner suspect. Quoiqu’il en soit, Nelsons annonce que ce disque est le début d’une intégrale des neuf symphonies. Constatons que c’est un début en demi-teinte ! Dominique Lawalrée Son 7 - Livret 10 - Répertoire 9 - Interprétation 6

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