A L’Opéra

Sur les scènes d’opéra un peu partout en Europe.

A La Monnaie, la Flûte déjantée de Castellucci questionne Mozart

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Les circonstances rocambolesques qui entourent la commande du fameux Requiem KV 626 ont permis à l’œuvre de passer aujourd’hui pour celle dans laquelle Mozart investit non seulement ses dernières ressources, mais aussi la part la plus intime de sa personnalité. Il est vrai que le commun des mortels préfère généralement ériger en testament une messe des morts plutôt qu’un Singspiel. Mais Mozart n’est pas le premier venu : c’est un génie pétri des idéaux des Lumières, à l’heure où la Révolution française prétend vouloir inaugurer une ère nouvelle. Son véritable manifeste, l’Aufklärung brille de mille feux, c’est La Flûte enchantée. C’est elle qui lui donne l’occasion d’exprimer ses aspirations les plus profondes ; elle, par conséquent, qu’il s’épuisera à achever à tout prix avant de s’atteler au Requiem -que son commanditaire attendait pourtant de pied ferme. On le sait: son dernier opéra le remuait tant que Mozart était incapable de se le jouer au piano.

C’est dire qu’on ne peut s’attaquer à La Flûte enchantée sans être particulièrement attentif à en préserver l’intégrité. Evénement musical de la rentrée, la Flûte revisitée par Romeo Castellucci fait salle comble. Et, comme tout événement d’envergure, elle divise.

La Flûte enchantée à La Monnaie : Peut-on tout se permettre avec Mozart ?

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La mode du "Regietheater" a envahi les scènes lyriques et on ne s'étonne plus des approches tarabiscotées, politico-érotiques ou non, qu'appliquent nos modernes metteurs en scène aux chefs-d'oeuvre du répertoire. Il est vrai que ceux-ci en ont vu d'autres et qu'ils sont plus résistants qu'un opéra inconnu. La Traviata, Tosca, ou Pelléas et Mélisande ont connu pareils avatars et s'en sont tirés. Qu'en est-il de Mozart ? On ne compte plus les Don Giovanni ou les Cosi fan tutte "modernisés".

La Scala redécouvre ALI-BABA de Cherubini

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Depuis plusieurs années, la Scala de Milan élabore un Progetto Accademia permettant aux élèves de l’Ecole de Chant (dirigés actuellement par Luciana D’Intino) de dialoguer avec les Chœur et Orchestre de l’Académie pour présenter un opéra durant le mois de septembre. Comme l’ouvrage choisi pour 2018 est la dernière création lyrique de Luigi Cherubini, Ali-Baba ou Les quarante voleurs, interviennent aussi les jeunes danseurs de l’Ecole de Ballet.

Le Festival Castel de Peralada, un festival à découvrir

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Dans la province de Girona (Catalogne), non loin de la ville de Figueras, se trouve le domaine de Peralada, un château du 14e siècle entouré d’un magnifique jardin où chaque été est organisé un festival est organisé qui propose principalement des concerts de musique classique, de l’opéra et de la danse mais qui offre aussi une place à d’autres genres musicaux comme le jazz et la musique pop. Le festival a été fondé en 1987 sur l’initiative de Carmen Mateu, grande mélomane inspirée, entre autres, par Montserrat Caballé qui rêvait d’un rendez-vous lyrique estival au bord de la Méditerranée. Aujourd’hui le festival en est donc à sa 31e édition et il a, au fil des ans, accueilli de grands artistes tels Montserrat Caballé, Placido Domingo, José Carreras, Teresa Berganza, Juan Diego Florez, Mstislav Rostropovitch, Rudolf Nurejev ou Maurice Béjart. Le vaste auditorium poussé dans le jardin se prête aussi aux grands concerts symphoniques et aux représentations d’opéra (en coproduction avec des théâtres importants). Et le festival est fier de rappeler que la mise en scène de Carmen de Calixto Bieito qui tourne sur les scènes internationales (dont celle l’Opéra de Flandres en 2005) a vécu sa Première à Peralada, voilà plus de 15 ans. Le festival se flatte aussi de donner leur chances à de jeunes talents. Pour les récitals plus intime, le festival peut disposer de l’Eglesia del Carme toute proche, une belle église gothique dotée d’un cloître. Et les avant- et après-concerts sont gourmands aussi : buffets variés de fruits de mer !

Festival de Salzbourg, Monteverdi et Bizet, avec et sans mise en scène

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Pour la nouvelle production de LIncoronazione di Poppea (Monteverdi), l’intendant du festival de Salzbourg, Markus Hinterhäuser, a pensé à l’artiste flamand Jan Lauwers qui avait déjà été invité au festival avec sa « Needcompany » et avait été «artiste en résidence » au Burgtheater de Vienne pendant plusieurs années. Jan Lauwers n’avait jamais fait de mise en scène d’opéra et la seule œuvre qui l’intéressait, c’était L’incoronazione di Poppea.

Belle reprise vocale du Trouvère à Liège

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Reprise d'un spectacle de 2011, où brillaient dans les rôles-phares Fabio Armiliato et Daniella Dessi, dirigés par Paolo Arrivabeni. Distribution totalement différente bien sûr, en 2018, cette fois sous la direction, tout aussi experte, de Daniel Oren, mais dans la même mise en scène conventionnelle de Stefano Vizioli. Décors noirs, murailles sombres, banales tapisseries rouges ou bleues, tout est triste dans cette mise en scène.

Le Festival de Salzbourg avec Mozart et Rossini

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Musikalische Leitung:Constantinos Carydis
Regie:Lydia Steier
Bühne :Katharina Schlipf
Kostüme: Ursula Kudrna

Cette année les Salzburger Festspiele présentaient six nouvelles productions d’opéra : Die Zauberflöte (Mozart), Salome (R. Strauss), Pique Dame (Tschaikovsky), L’Italiana in Algeri (Rossini), L’Incoronazione di Poppea (Monteverdi) et The Bassarids (Henze), deux opéras en version concert : Der Prozess (von Einem) et Les Pêcheurs de Perles (Bizet) et un pour les enfants, une adaptation de Die Zauberflöte.

A Genève, une Carmen bien morose

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Pour l’ouverture de sa dernière saison à l’Opéra des Nations, le Grand-Théâtre de Genève choisit de reprendre Carmen, absente de son plateau depuis dix-huit ans.

« L’œuvre de Bizet…vous emporte loin du Nord humide, de toutes les brumes de l’idéal wagnérien… Cette musique est gaie, mais pas d’une gaîté française ou allemande… Quel bien nous font les après-midis dorés de son court bonheur ! ». Voilà ce qu’écrivait en 1888 Friedrich Nietzsche dans Le cas Wagner.

Festival de Pesaro 2018 : Rossini en sa splendeur

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Ah Signor non è la morte ! Come prendere un sorbetto - « Mourir ? Venez plutôt prendre un sorbet » suggère le jardinier au soupirant d'Adina...ou un Spritz dolce au bord de l'Adriatique ! Ville natale de Rossini, Pesaro, avec sa petite place aux façades dorées, sa torpeur, ses élégantes soirées et les plus belles voix du monde, constitue « en elle-même » un opéra parfait... Contexte d’autant plus naturel que l’on peut y savourer, enfin, les sensations musicales dans leur plénitude, leur vérité, leurs harmoniques physiologiques, hors amplification, spatialisation et autres artifices électroniques.

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