Cédric Tiberghien s’attaque à Bartók !

par
Bartok
Béla BARTOK (1881-1945) Sonate pour piano Sz80 – Trois Chants populaires hongrois Sz35a – Sonatine Sz55 – Trois Rondos sur des airs populaires slovaques Sz84 – Etudes Sz72 – Sonate pour deux pianos et percussion Sz110 Cédric Tiberghien, François-Frédéric Guy (Sonate pour deux pianos et percussion), pianos – Colin Currie, Sam Walton, percussions 2017-DDD-65’36-Textes de présentation en anglais, allemand et français-Hyperion CDA68153 Le label Hyperion fait paraître en 2017 un disque consacré à quelques grandes pages pianistiques du compositeur hongrois Béla Bartók par le jeune pianiste Cédric Tiberghien. Lauréat du concours Long-Thibault et 1998, le pianiste a toujours séduit son auditoire par des interprétations d’une rare densité expressive et des capacités techniques de haut vol. En choisissant Bartók, le pianiste s’aventure dans un répertoire où la complexité du matériau rythmique côtoie harmonies et jeux d’accords complexes. Un terrain miné de surprises que seul un esprit clairvoyant peut aborder pour aller au plus loin dans l’idéal artistique. C’est cette clairvoyance, associée à un sens rythmique naturel, une direction rudement bien menée et un jeu tant percussif que timbré et dosé, qui découle à l’écoute de ce CD. Jamais dénuée de sens et de style, son approche cultive la justesse de ton, la limpidité et la clarté du propos et donne à percevoir, à plusieurs reprises, de nombreux paysages sonores. D’une difficulté technique redoutable, ces miniatures (dans le sens où les pièces sont relativement courtes) se reposent sur un jeu pianistique qui participe au développement et à l’élaboration d’un matériau musical coloré pour lequel la palette de dynamiques ne semble souffrir à aucun moment d’essoufflement. Quelques pièces, dont les Etudes et la Sonate, sont à saluer tandis que la manière dont le pianiste rend hommage aux mélodies et thèmes populaires relevés par Bartók, comme c’est le cas avec les Trois Chants populaires hongrois ou encore la Sonatine, est à souligner. Mais plus encore, la Sonate pour deux pianos et percussion remporte ici tous nos suffrages tant elle offre à l’auditeur une vision intelligente et une homogénéité rarement perçues entre les deux pianos et les percussions. Agissant comme prolongement des pianos, les percussions de Colin Currie et Sam Walton ne font qu’un avec le dialogue efficace et attentif qui naît entre Cédric Tiberghien et François-Frédéric Guy. Rien ne semble laborieux ici tant le propos est net et doué d’une grande maturité d’esprit. Voilà un Bartók que l’on a plaisir à placer au rang des « références ». A découvrir ! Ayrton Desimpelaere

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