"Chanter c'est prier deux fois"

par
Luther
Ein Feste Burg ist unser Gott, Luther et la musique de la Réforme Oeuvres de Heinrich SCHEIDERMANN, Michael ALTENBURG, Andreas HAMMERSCHMIDT, Paul SIEFERT, Michael PRAETORIUS, Samuel SCHEIDT, Johann-Hermann SCHEIN, Delphin STRUNGK, Caspar OTHMAYR, Thomas SELLE, Bartholomäeus GESIUS, Melchior FRANCK, Heinrich SCHÜTZ, Johann STEFFENS, Christoph BERNHARD, Joachim BURCK, Martin LUTHER, Johann WALTER, Balthasar RESINARIUS Bart Jacobs (orgue Thomas de l'église Notre-Dame de la Nativité à Gedinne et orgue positif Etienne Debaisieux, orhue Thomas del'église Saint-Vincent de Ciboure), Vox Luminis, dir.: Lionel Meunier 2017-DDD-2h35' (2 CD)-Textes de présentation et textes des motets en anglais, français allemand-RIC 376  Le 31 octobre, on ne manquera pas de fêter le 500e anniversaire du jour où furent placardées sur la porte de l'église de Wittemberg les 95 thèses de Martin Luther. Non seulement elles bouleversaient l'Eglise catholique mais elles suscitèrent un apport considérable à la création musicale dans son expression de la foi chrétienne dont seront exclus le culte marial -qui avait tant enrichi le répertoire catholique- et changèrent la facture de la Messe des Morts conçue comme un office ordinaire. Par contre, le latin, langue du "grand catéchisme" de Luther n'était pas exclu, l'allemand étant réservé au "petit catéchisme". Comme beaucoup d'ecclésiastiques, Martin Luther était musicien et il s'entoura de conseillers et d'amis musiciens pour élaborer un répertoire de chorals, convaincu que "chanter, c'est prier deux fois". Destinés aux offices et chantés par les fidèles, ces chorals sont de facture syllabique, de mesure simple et régulière sur des mélodies facilement mémorisables, originales ou empruntées au grégorien ou à des chansons profanes. A l'époque, le poste de Cantor était très apprécié; aussi les musiques de la Réforme connurent-elles de nombreux compositeurs, depuis la génération de Luther (1483-1546) jusqu'à celle de Schütz (1585-1672) et, de monodiques, les chorals rejoignirent la polyphonie, avec toujours cette exigence de simplicité rythmique conduisant aux grandes oeuvres de musique sacrée de la fin du XVIe siècle, époque où l'orgue connut une place très importante dans les églises, jusque dans les petits villages; aussi trouvera-t-on dans ce double CD des pièces pour orgue seul. Le premier CD propose une sélection de motets répartis selon le plan de l'année liturgique, de l'Avent à la Trinité. Le second CD est consacré à des compositions liturgiques spécifiques à la liturgie luthérienne dont la Deutsche Passion, première Passion polyphonique allemande de Joachim à Burck. Vox Luminis nous a habitués à la clarté vocale et à la "lumière" qui émane de tout ce que l'Ensemble touche. Austère la musique protestante ? Elle peut l'être et peut ne l'être pas. Elle est simplement "juste" par rapport au texte qu'elle traduit. C'est ce que fait entendre Vox Luminis. Ajoutons au plaisir des sens la magnifique facture du "packaging" richement illustré et un pertinent texte de présentation de Jérôme Lejeune qui a conçu cet enregistrement. Bernadette Beyne Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10 

Vos commentaires

Vous devriez utiliser le HTML:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>