Chopin et les salons musicaux du 19ème siècle

par http://prayersandapples.com/

Chopin, âme des salons parisiens, 1830-1848 par Jean-Jacques Eigeldinger
En proposant un nouvel ouvrage consacré à Frédéric Chopin, Jean-Jacques Eigeldinger prend le risque de lasser les lecteurs tellement il existe aujourd’hui d’ouvrages sur ce célèbre pianiste. Le sujet : les salons parisiens de 1830 à 1848. Finalement, la richesse de cet ouvrage surprend le lecteur tant pas l’originalité de la forme et sa construction que par les propos tenus par le professeur émérite de l’Université de Genève. Construit en trois parties, cet ouvrage met au clair la position et la place de Chopin dans les salons, lieu culturel très prisé au 19ème siècle. C’est l’histoire du salon qui est traitée dans une première partie précise et explicative. Si la syntaxe n’est pas toujours évidente, on apprend que Chopin, à l’inverse de Liszt, n’était pas un virtuose mais plutôt un improvisateur de talent. Arrivé en 1831 à Paris, il se produit très peu en dehors de quelques incursions dans les salons de Pleyel, Rothschild, Zimmermann, Frémont, les Ambassades anglaise, autrichiennes… Chopin était indépendant et répugnait toute activité sociale et la façon dont sont exploités les artistes. C’est plutôt la proximité, l’émotion et l’intimité qui le motivaient. Même si Chopin est le centre de cet écrit, l’auteur présente avec précision les salons parisiens et leur tenue. Véritable descriptif, on découvre la liste des personnages qui ont fréquenté ces salons, au point de voir à côté de chaque nom, les œuvres que leur dédiait Chopin. A savoir que ce dernier ne jouait pas que son œuvre mais aussi des compositions de Bach qu’il admirait, Mozart, Beethoven, Hummel… En tant que patriote exilé, Chopin est qualifié de compositeur politique, il joue et présente son pays avec une émotion telle que son public en sort bouleversé. Il harmonisait avec la plus grande aisance des airs et danses populaires qu’il improvisait ensuite. L’improvisation était une composante majeure du compositeur. Malgré tout, aucune preuve tangible (programmes, affiches..) n’affirme que le compositeur a improvisé à Paris. Si l’improvisation est au centre des œuvres écrites, Chopin s’amuse aussi à faire des portraits, des pastiches. Comme une grande transition, la seconde partie expose une multitude de documents d’époque collectés avec intellect. Extraits de périodiques d’époque (Revue et gazette musicale de Paris, Journal des débats), correspondance avec Heine, Berlioz, Sand, affiches et programmes, le tout structuré par thème : le salon du marquis de Custine, Soirée chez Chopin, les dimanches du baron de Trémont… La troisième partie traite davantage de Chopin et de la place qu’il occupe sous Louis-Philippe. Autour de l’âme d’un poète, d’un musicien, différents avis et remarques sont donnés sur ce génie polonais. Pour ceux qui auront eu l’honneur de l’écouter, Chopin aura laisser une trace indélébile dans les esprits.
Un ouvrage intéressant, intelligent et construit qui propose donc un aperçu précis de ce qu’était un salon au 19ème siècle, ses tenants et aboutissants autour d’un compositeur passionnant et passionné.
Ayrton Desimpelaere
2013, Fayard, 333 pages, 30€

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