Clarté, intensité, suavité

par
Beethoven, Quatuors

Ludwig van BEETHOVEN
(1870 - 1827)
L’intégrale des quatuors à cordes
Quatuor Belcea
DDD–2016–62’ 54’’, 55’ 54’’, 58’ 30’’, 46’ 19’’, 68’ 36’’, 76’ 16, 70’ 52’’ et 70’ 51’’–Livret de présentation en anglais, français et allemand–Alpha Classics 262

Insurpassés, insurpassables, les seize quatuors à cordes de Beethoven sont si riches, si complexes, si novateurs, si fascinants, si extraordinaires, bref si géniaux qu’on ne sait jamais trop comment en parler. Oui, que dire en effet à leur propos sinon qu’ils forment précisément un massif musical des plus riches, des plus complexes, des plus novateurs, des plus fascinants, des plus extraordinaires et des plus géniaux ? Corina Belcea, Axel Schacher, Krzysztof Chorzelski et Antoine Lederlin, respectivement le premier violon, le deuxième violon, l’altiste et le violoncelliste du Quatuor Belcea, en sont d’ailleurs conscients, comme en témoigne le texte qu’ils ont rédigé dans le livret de présentation de ce coffret contenant huit Cds : « Ces seize quatuors, composés il y a deux cents ans environ, constituent l’une des prises de position musicales les plus déterminantes et les plus puissantes de tous les temps ; déjà de par l’intensité sans précédent de ce cycle ; également du fait de l’évolution/révolution absolument étonnante que l’on peut constater entre les premières et les dernières œuvres – une révolution qui aura duré trente ans et qui aura changé pour toujours notre façon de ressentir la musique. »
Non seulement on ne sait jamais trop comment en parler, mais on ne sait jamais trop non plus comment il convient de les interpréter. Les versions enregistrées sur disque ne manquent pas, certaines remarquables, d’autres décevantes, voire calamiteuses (on ne citera pas de noms). Celle que propose le Quatuor Belcea fait sans conteste partie des meilleures, surtout grâce aux trois qualités que l’interprétation qu’il en donne parvient à réunir et qui ne vont pas toujours forcément ensemble : la clarté, l’intensité et la suavité – cette dernière étant la griffe personnelle de Beethoven dans ses andantes et ses adagios cantabiles, et qu’on trouve par exemple dans le quatrième mouvement, « la Malinconia, adagio » du Quatuor n° 6 en si bémol majeur op. 18 n° 6, et dont une des expressions les plus abouties, les plus éthérées, est le troisième mouvement, « lento assai, cantante e tranquillo », du Quatuor n° 16 en fa majeur op. 135, l’ultime volet du gigantesque – et peut-être terrifiant – cycle beethovenien pour cordes. Près de neuf heures de musique pure (y compris la révolutionnaire Grande Fugue en si bémol majeur op. 133).
Jean-Baptiste Baronian

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