Coup d'envoi de l'Année Debussy

par

Claude DEBUSSY
(1862 – 1918)

Trio pour piano, violon et violoncelle; Syrinx pour flûte solo; Sonate pour violon et piano; Sonate pour flûte, alto et harpe; Sonate pour violoncelle et piano
Emmanuel Pahud, flûte; Gérard Caussé, alto; Edgar Moreau, violoncelle; Marie-Pierre Langlemet, harpe; Bertrand Chamayou, piano; Renaud Capuçon, violon
2017-DDD-Livret français, anglais, allemand-Erato 0190295773960

En prélude à l’année Debussy, mort en 1918, il y a donc presqu’un siècle, Erato publie une presqu’intégrale de sa musique de chambre, dans laquelle le trio de jeunesse récemment exhumé (1986) remplace le quatuor à cordes, dont on ne doute pas qu’il y aura bientôt une nouvelle version par l’un des quatuors-maison (Artemis, Ebène ou le jeune Arod).   La production de chambre de Debussy est dominée par les trois sonates qu’il a eu le temps de terminer avant son décès, les trois autres planifiées étant restées à l’état de projet. Le présent album contient tout d’abord la Sonate pour violoncelle et piano, un pillier du répertoire de tout violoncelliste. C’est ici le jeune et fougueux Edgar Moreau qui l’interprète, avec Bertrand Chamayou au piano. Un beau duo pour une bonne version, une de plus. Syrinx pour flûte solo est présent grâce à Emmanuel Pahud qui en donne une version virtuose. Mais le meilleur est à venir. La Sonate pour violon et piano est passionnante sous les doigts de Renaud Capuçon qui, avec Bertrand Chamayou, rend parfaitement la fluidité du tempo caractéristique de Debussy, une des meilleures versions qu’il m’ait été donné d’entendre. On retrouve Emmanuel Pahud en compagnie de l’altiste Gérard Caussé et de la harpiste Marie-Pierre Langlemet pour l’extraordinaire Sonate pour flûte, alto et harpe. A l’écoute du début, on mesure d’où vient une bonne partie de la musique de Takemitsu. Quoiqu’il en soit, on a à nouveau affaire à une interprétation de toute première force; rien d’étonnant avec une telle brochette de stars. Après ce sommet du disque, reste le Trio de jeunesse. Il fut composé à Florence, alors que le jeune Claude (18 ans) était professeur de piano auprès de la famille de la baronne russe Von Meck, mécène de Tchaikovski. Bien sûr, c’est un Debussy encore plein de Franck, De Fauré et de Massenet que l’on entend, mais avec une maîtrise déjà étonnante de la forme. Voilà donc une année qui démarre sur les chapeaux de roue, l’éditeur ayant devancé ses concurrents, mais qui dans sa hâte a oublié de mentionner Renaud Capuçon dans la nomenclature page 2 du carnet. Un joker bien mérité cependant.
Dominique Lawalrée

Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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