De la noblesse musicale pour les Trios de Brahms

par http://eyecatchinggifts.co.uk/
Brahms Trios

Johannes BRAHMS
(1833 - 1897)
Trio no. 1 en Si majeur op. 8, Trio no. 2 en Do majeur op. 87, Trio no. 3 en do mineur
Emmanuel Ax (piano), Leonidas Kavakos (violon), Yo-Yo Ma (violoncelle)
2017-DDD-86’06-Textes de présentation en anglais, allemand, français-Sony Classical 88985407292

Emmanuel Ax au piano Steinway, Leonidas Kavakos avec son Stradivarius « Willemotte » et Yo-Yo Ma avec son Stradivarius « Davidoff ». 3 artistes devenus légendaires non seulement pour leur virtuosité mais également pour leurs qualités de chambristes se réunissent pour enregistrer l’intégrale des trios à clavier de Brahms. Qui dit mieux ?
Ce n’est pas un secret que Brahms était un perfectionniste extrême – il brûla nombreuses de ses œuvres, aurait remplacé des mouvements entiers, et fit de large révisions sur quasi l’entièreté de son opus. Ainsi, on retrouve la deuxième version du 1er Trio en Si Majeur op. 8 -écrit en 1854 alors que le compositeur n’avait que vingt ans, le trio fut entièrement révisé trente-cinq ans plus tard en 1889. Le résultat ? Une œuvre jeune et passionnée, mais également empreinte de la technique et la maturité d’un compositeur à la fin de sa carrière. L’opus 87 et l’opus 101, œuvres de la période médiane de Brahms, sont moins prisés par les programmateurs de concerts, préférant le charme instantané de l’opus 8.
Voici une superbe intégrale de ces chefs-d’œuvres du répertoire, rivalisant facilement avec l’enregistrement des deux premiers trios par Maria Joao Pires, Augustin Dumay et Jian Wang (Deutsche Grammophon) ou l’enregistrement plus récent des trois trios par Christian Tetzlaff, Tanja Tetzlaff et Lars Vogt (Ondine). Les mains d’Emmanuel Ax glissent sur le clavier avec une aisance et une finesse extraordinaires (voir le scherzo du 1er trio, où l’on peut savourer son travail d’articulation). Du côté des cordes, les sonorités chaleureuses de Kavakos et Ma se marient parfaitement, preuve en est dans les nombreux passages difficiles qui réunissent leurs instruments à l’unisson, la sixte ou la tierce ! Les sons se fusionnent et c’est avec une seule voix que les deux musiciens chantent d’une beauté assez proche du sublime. Seul léger bémol, la prise de son est assez inégale et semble, à certains moments, mettre les trois instruments sur différents plans. Un régal tout de même !
Pierre Fontenelle, Reporter de l’IMEP

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