Décalage scène disque

par
Lohengrin
Richard WAGNER (1813 - 1883) Lohengrin Falk STRUCKMANN (Heinrich der Vogler), Klaus Florian VOGT (Lohengrin), Camilla NYLUND (Elsa von Brabant), Evgeny NIKITIN (Friedrich von Telramund), Katarina DALAYMAN (Ortrud), Samuel YOUN (Heerufer), NETHERLANDS RADIO CHOIR, CHORUS OF THE DUTCH NATIONAL OPERA, ROYAL CONCERTGEBOUW ORCHESTRA AMSTERDAM, dir. : Sir Mark ELDER Enregistré en direct au Concertgebouw d' Amsterdam les 18 et 20 décembre 2015 - 3 CD - CD1 75:32 - CD2 72:37 - CD3 62:36 - Présentation en anglais, allemand, néerlandais, français- Textes en allemand, anglais, français - Chanté en allemand- RCO n° LC 14237 A peine le dernier accord envolé, la salle crie de joie. Sans doute a-t-elle bénéficié de la féerie de la mise en place, de l'orchestre en direct et de l'expérience musicale partagée ? Car pour le simple auditeur du présent coffret la satisfaction n'est pas aussi évidente. La prise de son ne rend pas compte de l'acoustique pourtant renommée de la salle et ne met guère en valeur interprètes, orchestre et direction musicale de Mark Elder. Regrettons d'abord la lourdeur de l'orchestre qui s'avère ici ni grandiose (au IIe Acte), ni poétique (au IIIe). Ensuite, les voix qui furent elles aussi célèbres pour leur beauté, leur vaillance, leur opulence mais qui aujourd'hui trahissent l'effort et... l'âge : d'où ces moments à la limite du silence, ces timbres appauvris, ces insuffisances psychologiques et vocales dans une partition qui exige non seulement puissance mais également charme, mystère, héroïsme... enfin, des contre-performances, dans la prise de son notamment (aggravée par la mise en espace?), dénaturent la richesse de la partition : ainsi du timbre exagérément clair de Lohengrin, d'une Elsa brillante mais monocolore, d'une Ortrud dépourvue de tragique intérieur et à l'émission des plus erratiques. Evgeny Nikitin (Friedrich von Telramund) et Samuel Youn ( Le Héraut) parviennent seuls à donner l'étoffe nécessaire à leurs personnages. Enfin, de cette version dont on pouvait attendre beaucoup plus, on regrettera l'absence de tendresse au IIIe Acte. Pourtant c'est cette « dimension » voulue par Wagner et qu'il développera amplement que nous goûtons particulièrement aujourd'hui. On le voit : la perception de l'auditeur à l'écoute d'un CD ou en public lors d'une représentation diffère de beaucoup. Il faut bien constater que le résultat ne rend pas compte de l’œuvre en toute son envergure ni de la prodigieuse écriture psychologique et musicale de Wagner. Bénédicte Palaux Simonnet

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