Des Noces qui laissent perplexes !

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Les Noces de Figaro

Wolfgang Amadeus MOZART
(1756 - 1791)
Le Nozze di Figaro
Opéra buffa en 4 actes K. 492
Livret de Lorenzo da Ponte d'après Beaumarchais
Thomas Hampson (Le Comte Almaviva), Sonya Yoncheva (La Comtesse), Luca Pisaroni (Figaro), Christiane Karg (Susanna), Angela Brower (Cherubino), Anne Sofie von Otter (Marcellina), Maurizio Muraro (Bartolo), Rolando Villazon (Basilio), Jean-Paul Fouchécourt (Don Curzio), Philippe Sly (Antonio), Regula Mühlemann (Barbarina), Vocalensemble Rastatt, Chamber Orchestra of Europe, dir.: Yannick Nézet-Séguin
2016-DDD-61'11'' + 72'11'' + 40'12''- Textes de présentation en anglais, allemand, français-Textes chantés en italien, français, allemand anglais - DG 4795945

Après Don GiovanniCosi fan tutte et l'Enlèvement au sérail, Yannick Nézet-Séguin poursuit son voyage dans les opéras de Mozart avec, pour comparse, Rolando Villazon, excellent ténor mais si peu mozartien, tentant de combler la simplicité par un sur-jeu qui n'a pas sa place ici. L'annonce du plateau est assez surprenante : quelques stars -Villazon, von Otter, Hampson, Fouchécourt- dans les rôles secondaires, si ce n'est Thomas Hampson en comte qui fut excellent avec Harnoncourt ou James Levine, mais c'est le passé; aujourd'hui le ton est peu convaincant, le comte a perdu de sa superbe. Fouchécourt, par contre, est bien dans son rôle mais Don Curzio est si peu présent dans l'oeuvre. La voix d'Anne-Sofie von Otter connaît peu à peu l'usure et la mezzo ne se dépare pas de sa classe naturelle en Marcelline; est-ce bien ce que l'on attend du rôle ? Du plateau se détacheront dès lors les voix plus jeunes de chez DG. Luca Pisaroni témoigne de sa verve virile en valet du comte, Angela Brower est un touchant Chérubin et Maurizio Muraro un bon bourgeois médecin de Séville. Si Sonya Yoncheva et Christiane Karg témoignent d'un timbre somptueux et d'une technique sans faille, on distingue mal la Comtesse de sa camériste tout au long de cette folle journée. Quant au chef canadien, il a sans nul doute lu les consignes de l'interprétation historiquement informée qui rejoignent ici la caricature avec les coups de boutoir intempestifs. Par contre, on lui sait gré de l'attention qu'il porte aux vents, si parlants chez Mozart. On appréciera l'impeccable indexation du livret. Au fond, que manque-t-il à ces Noces ? De la tendresse, de l'intériorité, de la poésie qu'une rêche prise de son au Festpielhaus de Baden-Baden n'est non plus pas prête à soutenir.
Bernadette Beyne

Son 8 - Livret 9 - Répertoire 10 - Interprétation 7

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