Deuxième soirée de demi-finales : une révélation singulière

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Après les deux concertos de Haydn interprétés par les violoncellistes Anastasia Kobekina et Yan Levionnois, deux récitals audacieux. Notons le spectaculaire Bruno Philippe qui clôtura cette soirée avec brio.
Anastasia Kobekina
La deuxième soirée de demi-finales du Concours Reine Elisabeth débute avec la candidate russe Anastasia Kobekina, jouant le Concerto no. 2 en Ré majeur de Haydn, accompagné par l’Orchestre de Chambre de Wallonie sous la direction de Frank Braley. Son jeu ne cherchait pas à étourdir le public, mais plutôt de le charmer avec la beauté simple et la poésie de ce deuxième concerto de Haydn. Malgré quelques accrocs de justesse tout au long de l’œuvre, son charisme
Yan Levionnois
gracieux, son élégance et son originalité donne envie de l’écouter à nouveau dans son récital ce vendredi. La soirée se poursuit avec le Français Yan Levionnois, qui, pour sa part, nous a présenté le Concerto no. 1 en Do majeur de Haydn. Son vibrato romantique contrastait avec la lecture plutôt classique de la candidate précédente; néanmoins, comme Anastasia Kobekina, le deuxième mouvement lui a permis d’émouvoir l’auditoire avec son lyrisme simple et humble. Le dernier mouvement déferle dans un tempo vif avec une énergie contagieuse qui conclut la prestation sous les bravos d’un public conquis. Le Français compare ce mouvement au pétillement du champagne – nous espérons pouvoir ouvrir une bouteille en
Christoph Heesch
son honneur ce samedi lors de la proclamation des douze finalistes ! Christophe Heesch commence son récital avec son interprétation touchante de la 5ème Suite de Bach. On soulignera l’Allemande, impeccablement construite, et on s’émerveillera devant sa technique de main droite – quel plaisir d’entendre des traits aussi clairement définis ! Après l’imposé d’Annelies Van Parys, on note son respect soigneux du texte. Pour clôturer, le Germano-Japonais joue une transcription pour violoncelle de la Fantaisie en Ut D 935 pour violon et piano de Schubert. Pari audacieux : les retranscriptions d’œuvres violonistiques ne conviennent pas toujours aux propriétés acoustiques du violoncelle. On a des difficultés à entendre le candidat au-dessus de la partition considérable du piano, notamment dans les passages les plus virtuoses. L'attention générale du public est mise à l'épreuve lors de l’audition de cette
Bruno Phiippe
pièce. La soirée se clôture avec le français Bruno Philippe. Dès les premières notes de sa 4ème Suite de Bach, nul doute, le français né en 1993 est d’un autre calibre. Avec la sonorité voluptueuse de son Tononi, le violoncelliste travaille la qualité de chaque note sans jamais perdre la direction globale des pièces. En effet, il est rare d’entendre le prélude en Mi bémol, labyrinthique dans sa construction harmonique, aussi bien mené. Tanguy de Williencourt, son partenaire de musique de chambre habituel, le rejoint pour la lecture immensément colorée de l’imposé. Deuxième pari audacieux de la soirée : le choix de la sonate pour violoncelle et piano de Francis Poulenc, vraie perle rare du répertoire du XXème siècle. S’il un quelconque doute perdurait sur la qualité exemplaire de ce violoncelliste, ils furent dissipés lors de la lecture incroyable du Elfentanz de David Popper (violoncelliste hongrois du XIXème siècle), œuvre diaboliquement difficile. Pierre Fontenelle, Reporter de l’IMEP Flagey, le 16 mai 2017

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