Du très beau Schubert par le Münchner Symphoniker

par
Edusei

Franz SCHUBERT
(1797 - 1828)
Symphonie n°4, « Tragique » - Symphonie n°7, « Inachevée »
Münchner Symphoniker, dir.: Kevin John Edusei
2017-DDD-77’05-Texte de présentation en allemand et anglais-Solo Musica-SM273
Il n’est jamais aisé d’interpréter Schubert tant la ligne mélodique subtilement associée à un travail harmonique et rythmique de premier plan rend la tâche complexe. Néanmoins, je dois dire que le travail porté par Kevin John Edusei et le Münchner Symphoniker dans deux des symphonies du maître viennois, et non pas les moindres, rend ici ses fruits de la manière la plus honorable. A ne pas confondre avec le Münchner Philharmoniker (Valery Gergiev), L’orchestre Symphonique de Munich rend ici justice avec dosage et subtilité. Dans la Symphonie dite « tragique », on est face à un premier mouvement fluide, aux accents dramatiques précis et dont le style assez épuré donne presque l’effet de distanciation, sans aller à l’encontre du discours musical. Pas d’urgence mais un caractère parfois fugace en contraste avec les passages plus lyriques volontairement expressifs sans pour autant se faire dominer un langage exacerbé. Dans le second mouvement, s’apprécient notamment les pupitres de cordes, très homogènes, les nombreuses intentions dans la ligne et dans la direction choisie grâce à un schéma harmonique clair. Finalement, une certaine forme de douceur et de fraîcheur se fait ressentir avant un « Menuetto » vif, dansant, parfois galant et une « Allegro » finale parfaitement mené. Avec l’ « Inachevée » c’est clairement un orchestre épanouit qui se profile à nos oreilles. Toutes les interventions, qu’elles soient solistiques ou tuttistes, s’invitent dans une ambiance toujours juste et non dénuée d’un certain sens dramatique. Les atmosphères successives ne ressemblent jamais, les nuances (surtout les douces) sont dignes d’une grande maîtrise orchestrale tandis qu’aucune lourdeur ne vient perturber l’ensemble. Le second mouvement se dessine par cette même légèreté évoquée plus haut, tout comme le sera le « Scherzo » (tempo néanmoins modéré), sans effacer l’expressivité requise à chacun de ses mouvements. Tout colle à la pensée de Schubert et ce jusqu’aux dernières notes de l’ « Allegro moderato » reconstruit par Mario Venzago. Assurément du très beau Schubert ici, une direction et une palette de couleurs et d’expressions conséquentes.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 9 – Interprétation 9

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