Entre baroque et classique

par
Richter

Franz Xaver RICHTER
(1709 - 1789)
Sinfonias en si bémol majeur et sol mineur-Sinfonia con Fuga en sol mineur-Sonates en trio opus 3 n° 3 et opus 4 n° 6-Concerto pour hautbois en sol mineur
Xenia LÖFFLER (hautbois), Capricornus Consort Basel, dir.: Peter BARCZI
2017-DDD-61'25-Textes de présentation en allemand et anglais-Christophorus CHR 77409

Franz Xaver Richter est de ces compositeurs qui viennent mettre à mal la pratique séparation de la musique en périodes: renaissance, baroque, classique etc. Tel est le propre de tous ceux qui auront assuré la transition vers de nouvelles voies, de nouveaux concepts musicaux. Et de fait, ne serait-ce que dans la première des oeuvres présentées, la sinfonia en si bémol majeur, le mouvement initial rappelle Vivaldi tandis que le second annonce déjà clairement Haydn et que le troisième ramène tout droit aux bizarreries d'un Biber ou d'un Zelenka. Sa longévité (il est mort à près de 80 ans, chose assez rare à l'époque) explique en partie cette diversité de styles, cette richesse aussi. Et pourquoi ne pas y voir un visionnaire, un précurseur? Richter eut la très grande chance de voir son nom associé à la prestigieuse école de Mannheim, creuset de l'explosion de nombre de grands talents – et de quelques génies – du 18ème siècle. Et il n'en est pas le moindre représentant: Mozart en personne, même s'il était impressionné, avant tout, par sa capacité à ingurgiter quotidiennement d'énormes quantités d'alcool, marqua à de nombreuses reprises son admiration pour ses créations originales et novatrices. Après être passé par différentes cours ducales, il fut nommé directeur musical de la fameuse académie d'Ettal en 1740. Tout en restant dans la région, il ne demeura cependant pas longtemps aux divers postes qu'il occupa dans la première partie de sa carrière. On le verra ainsi à Kempten, entre autres. Mais c'est à Mannheim, comme nous l'avons dit, qu'il pourra montrer toute l'étendue de sa maestria et cela pendant une longue période de 23 ans. C'est là aussi qu'il connaîtra la notoriété, grâce entre autres à l'attitude du prince-électeur Charles-Théodore de Bavière qui l'autorisera à voyager à de nombreuses reprises à Bonn, La Haye ou Londres. Son corpus est à la fois volumineux et varié. On dénombre ainsi pas moins de 30 messes, 40 motets et 20 concertos, sans compter d'innombrables oeuvres de musique de chambre. Ici, outre trois courtes sinfonias, dont une en un seul mouvement, on trouvera deux sonates en trio ainsi qu'un concerto pour hautbois d'inspiration italienne et très baroquisant. L'ensemble bâlois nous livre tout cela avec beaucoup de fraîcheur dans des lectures heureuses et épanouies. Très intéressant.
Bernard Postiau

Son 9 - Livret 9 - Répertoire 10 - Interprétation 9

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