Un entretien qui n’a pas eu lieu

par
Sokolov

Wolfgang Amadeus MOZART
(1756 - 1791)
Concerto pour piano n°23 en la majeur, K 488
Sergei RACHMANINOV
(1873 - 1943)
Concerto pour piano n°3 en ré mineur, Op. 30
Mozart : Mahler Chamber Orchestra, dir.: Trevor Pinnock
Rachmaninov : BBC Philharmonic, dir.: Yan Pascal Tortelier
Grigory Sokolov, piano
Grigory Sokolov – A Conversation that newer was, film de Nadia Zhdanova
2017-DDD-CD 71’43 DVD 58’49- Textes de présentation en anglais, allemand et français-Deutsche Grammophon DG 4797015

Grigory Sokolov peut se hisser aujourd’hui au rang des plus grands pianistes et interprètes du monde. Deutsche Grammophon fait ainsi paraître un coffret en hommage à celui qui, à 16 ans et devant un public médusé, remporta le Concours International Tchaïkovsky devant Emil Gilels (président du jury). Si la première partie exploite deux extraits de concerts donnés en 1995 avec le BBC Philharmonic sous la direction de Yan Pascal Tortelier dans le Concerto pour piano n°3 de Rachmaninov, et en 2005 avec le Mahler Chamber Orchestra sous la baguette de Trevor Pinnock, cette fois dans le Concerto pour piano n°23 de Mozart, c’est surtout le film de Nadia Zhdanova – Grigory Sokolov – A Conversation That Never Was – qui donne un intérêt tout particulier à ce coffret. Un documentaire d’une heure offrant un portrait précis de l’enfance de Sokolov à aujourd’hui. Homme ouvert aux discussions mais qui ne donne pourtant aucune interview, Sokolov est l’un de ces artistes avec qui la musique ne fait qu’un. On découvre ainsi le fils d’un père travaillant dans une usine fabriquant d’abord des appareils radio puis des téléviseurs au détour de nombreux commentaires d’amis et proches qui, à tour de rôle, traceront le portrait de pianiste si mystérieux. Face aux « conditions hostiles » tant du public que de la presse qu’a entraîné la participation du jeune pianiste alors âgé seulement de 16 ans au Concours Tchaïkovsky, force est de constater que Sokolov n’est pas seulement qu’un technicien, c’est aussi et surtout un grand musicien dont la sensibilité touches tous les publics. Si le concours lui a ouvert les portes des grandes salles de concerts, Sokolov n’a jamais déçu tant son interprétation se veut à l’image de son interprète : humaine et profondément bienveillante. En sensibilisant le film avec des poèmes d’Inna Sokolova, dont le film lui est dédié, on découvre aussi le regard d’une épouse, de celle qui a partagé la vie de ce pianiste extraterrestre jusqu’à sa disparition en 2013. Quant aux deux Concertos captés en live, volonté du pianiste de n’offrir sur disque que des enregistrements en direct, on soulignera la modernité du langage chez Mozart et la technicité au service du son et de l’expressivité chez Rachmaninov. Nul doute que ce coffret et cet « Entretien qui n’a pas eu lieu » tant il est difficile d’approcher l’homme, provoqueront chez les fidèles de l’artiste sourires et émotion. Le livret offre aussi nombre de photographies ainsi que, et surtout, les six poèmes traduits d’Inna Sokolova.
Ayrton Desimpelaere

Son 9 – Livret 10 – Répertoire 8 – Interprétation 9

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