Expressivité, plaisir, émotion

par
Pygmalion

Jean-Philippe RAMEAU
(1683 - 1764)
Pygmalion - Les fêtes de Polymnie
Cyrille DUBOIS, Pygmalion, Marie-Claude CHAPPUIS, Céphise, Céline SCHEEN, La Statue, Eugénie WARNIER, L'Amour, ARNOLD SCHOENBERG CHOR, Les TALENS LYRIQUES, dir.: Christophe ROUSSET
2017-72'06 - Présentation et livret en français et anglais - Chanté en français - Apartemusic.com AP155

Ce Pygmalion, « Acte de ballet », œuvre unique aussi belle que brève, est ici associée à la « Suite d'orchestre » tirée des Fêtes de Polymnie, ballet héroïque composé trois ans plus tôt. Cette idée se défend puisqu'ainsi, l'Amour après avoir animé le marbre né de l'art de Pygmalion confie aux danses menées par les Grâces, le soin d'éveiller les sens de Galathée. Initiation charnelle qui va alors être secondée et démultipliée par une partie de ces célèbres « Fêtes ». En cette année 1845 qui voit la création de Zaïre, des Surprises de l'Amour, qui voit s'imposer peu à peu Madame de Pompadour dans les affaires culturelles du Royaume, Rameau aurait composé ce chef d’œuvre en... 8 jours ! Inspirées d'Ovide et de divers courants littéraires, philosophiques et esthétiques, ces pages recèlent surtout du vrai, du grand Rameau. La voix semble y naître des danses et réciproquement, épousant avec autant de naturel que d'ingéniosité les sentiments des protagonistes. On y savoure la fraîcheur si caractéristique des partitions ramistes, l'élégance mélodique, l'inventivité harmonique toujours surprenante. Tout l'art musical y est au service de l'expressivité, du plaisir et de l'émotion. Même le chef Christophe Rousset se laisse enfin aller à un hédonisme lumineux, se libérant d'une rigueur qui bride trop souvent l'interprétation dite baroque sans non plus sombrer dans la véhémence. La liberté mélodique y est admirablement défendue par un orchestre flexible d'une merveilleuse densité. Comme par les quatre solistes conduits par Cyrille Dubois (Pygmalion) aussi virtuose que stylistiquement parfait. Si Céline Scheen abuse de sons détimbrés (pour évoquer la Statue ?) Marie-Claude Chappuis (Céphise) et Eugénie Warnier incarnant un Amour au timbre de velours charment à chacune de leurs interventions, même fugitives. A cet « art total » manque évidemment la composante visuelle (hélas, si propice aux pires errements). Une très jolie version parmi une discographie qui n'en compte pas tant.
Bénédicte Palaux Simonnet

Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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