Fin de l’intégrale Beethoven par Yevgeny Sudbin

par
Sudbin

Ludwig van BEETHOVEN
(1770 - 1827)
Concerto pour piano et orchestre n°1 en do majeur, Op. 15 – Concerto pour piano et orchestre n°2 en si bémol majeur, Op. 19
Yevgeny Sudbin, piano – Tapiola Sinfonietta, Osmo Vänskä, direction
2017-SACD-63’18-Texte de présentation en français, allemand et anglais-Bis-BIS2078

Le pianiste Yevgeny Sudbin est né Saint-Pétersbourg et y étudie à l’Ecole spécialisée de musique avant de rejoindre avec sa famille l’Allemagne en 1990. C’est à la Hochscule fûr Musik Hanns Eisler de Berlin que l’artiste dépose ses valises. Sept ans plus tard, il part à Londres étudier d’abord à la Purcell School puis à la Royal Academy of Music. Fort de ce bagage pédagogique, Sudbin se voit distingué comme « potentiellement l’un des meilleurs pianistes du 21ème siècle » par le Daily Telegraph, et se produit sur les plus grandes scènes: Concertgebouw d’Amsterdam, Tonhalle de Zurich, Avery Fischer Hall de New York… et ce sous des baguettes prestigieuses : Neeme Järvi, Philippe Herreweghe, Andrew Litton, Charles Dutoit… Pour le label Bis, il propose une lecture rayonnante des deux premiers Concerti de Beethoven en compagnie de l’actuel directeur musical de l’Orchestre du Minnesota, Osmo Vänskä, cette fois à la tête de la Sinfonietta de Tapiola. Orchestre de 41 musiciens fondé en 1987, son répertoire tend majoritairement vers les classiques viennois bien qu’une place importante soit donnée aux chefs-d’œuvre du 20ème ainsi qu’à de nombreuses créations. Avec cet enregistrement, Sudbin achève une intégrale Beethoven entamée en 2010 avec Osmo Vänskä et l’Orchestre du Minnesota saluée par la presse. Le pianiste donne à entendre une vision dynamique et vivante de chaque note, comme le témoigne notamment l’énergie jamais estompée du « Rondo » du Concerto en do majeur. Une énergie à laquelle répond avec autant d’enthousiasme la phalange orchestrale qui n’hésite pas à accompagner le soliste dans la direction artistique choisie et même parfois à la pousser – positivement - dans ses derniers retranchements. Le piano de Sudbin est coloré, dosé, avec ce qu’il faut de pédale et de contrastes. On ne s’ennuie jamais. Il est à la fois limpide et clairvoyant, mais aussi impétueux quand cela est nécessaire. On pourrait même parler d’improvisation dans certaines sections tant son jeu est délibérément imaginatif et renouvelé à chaque instant. Un Premier Concerto de toute beauté avec un « Largo » particulièrement touchant où le souffle porté à la ligne mélodique se rapproche de la voix chantée grâce à de belles respirations et des accents dramatiques dosés. Le Deuxième Concerto bénéficie de la même intelligence avec un orchestre toujours en dialogue avec le pianiste et une direction fluide et brillante. L’ « Adagio est réellement bouleversant » tandis que le « Rondo » est piquant, franc (jeu plus marqué) et virevoltant. Une très belle vision à découvrir. A noter que les cadences du Concerto en do majeur basées sur les trois cadences écrites par Beethoven, sont de la main du pianiste.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 9

Vos commentaires

Vous devriez utiliser le HTML:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>