Fin de l’intégrale Beethoven/Liszt par Yury Martynov

par
Martynoc

Ludwig van BEETHOVEN / Franz LISZT
(1770 - 1827)
Symphonies 1 à 9
Yury Martynov, piano (Erard 1837/Blüthner c.1867)
2017-DDD-CD1 79’17 CD2 65’57 CD3 53’15 CD4 28’32 CD5 66’40 CD6 72’52-Textes de présentation en français, anglais et allemand-Alpha Classics-Alpha 374

Les projets originaux fleurissent tant l’industrie du disque a besoin aujourd’hui et plus que jamais d’un renouveau. Les symphonies de Beethoven bénéficient à ce jour d’un nombre incalculable d’enregistrements, parfois des références (Karajan, Böhm, Abbado, Jansons, Jordan Tilson Thomas, Jarvi, Haitink, Rattle…), parfois des reconstitutions historiques (Haselböck avec Beethoven Resound) ou encore des propositions intéressantes mais qui ne parviennent pas à surpasser ou du moins égaler certaines versions. Nonobstant ce constat, il demeure toujours intéressant de découvrir la vision que donne l’un ou l’autre interprète à cet ensemble, et davantage encore lorsqu’il s’agit d’une proposition éloignée du texte original. Arrivent alors des projets audacieux par leur démarche et par leur volonté délibérément novatrice. C’est le cas avec Yuri Martynov qui nous offre un coffret impressionnant consacré aux neuf symphonies de Beethoven transcrites pour piano par Liszt. Le 6 septembre 2014, nous parlions déjà ici d’un double disque consacré aux symphonies n°3 et 8. Voici d’ailleurs quelques mots tirés de cet article : « maîtrise pianistique exceptionnelle, recherche de différents timbres, clarté de jeu, limpide » - « Piano solide, expressif et apte à la construction de timbres et couleurs pour un exercice fort apprécié et redoutable au 19ème siècle ». Avec l’achèvement de cette intégrale, Martynov ne déroge pas à la règle et continue de nous offrir une lecture des plus précise de ces sommets musicaux. Quelques moments sont à saluer, notamment la construction dramatique exceptionnelle des Symphonies 4 et 7 où l’on découvre à chaque fois un piano sonore aux graves boisés (Blüthner c.1867 pour la 4e et Erard 1837 pour la 7e), et dont l’homogénéité du clavier permet une grande aisance polyphonique. Les aigus sont clairs sans être durs, la maîtrise des tempi est juste avec un final virevoltant pour la 4e, tout comme la course effrénée du dernier mouvement de la 7e. Les mouvements lents sont également à souligner par la beauté intrinsèque qu’ils dégagent. La Symphonie n°5 a ce qu’il faut d’expressivité tout en se dégageant d’un éventuel caractère exacerbé. On apprécie aussi l’énergie environnante qui ne semble à aucun moment s’estomper. Tout est vif et rudement bien mené. Les Symphonies 1 et 2 jouissent d’une grande finesse, d’accents toniques toujours justifiés et d’une fraîcheur qui ne disparaît jamais. Enfin, il y a cette bluffante Symphonie « chorale » où couleurs, dynamiques et atmosphères se superposent naturellement. Tout est clair avec une direction menée avec lucidité. On ne se lasse pas d’écouter les six CD que composent ce coffret, du magnifique travail, du Beethoven passionnant.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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