Hiéroglyphes musicaux

par
Silvestrov
Valentin SILVESTROV (°1937) Hieroglyphes de la nuit, œuvres pour violoncelle solo ou deux violoncelles Anja Lechner, violoncelle et Tamtam ; Agnès Vesterman, violoncelle 2017 -DDD-65’36-Livret anglais, allemand-CD ECM New Series 2389 (481 5692) Cela fait des années que la firme munichoise ECM publie la musique de l’ukrainien Valentin Silvestrov, exactement comme elle a popularisé celle d’Arvo Pärt. Il s’agit ici du neuvième disque consacré à sa musique. Comme le célèbre compositeur estonien, Silvestrov pratique une esthétique de la pauvreté volontaire, un terme à ne pas comprendre péjorativement. Il s’agit plutôt d’un nécessaire retour au fondamental de la musique, une démarche apparentée à une sorte d’écologie sonore, une décroissance indispensable de laquelle nous nous sentons proche. Dans ce disque, Silvestrov parle de hiéroglyphes. Comme souvent chez les compositeurs qui s’inscrivent dans ce vaste mouvement esthétique, la musique a une nette orientation spirituelle. C’est sans doute la raison pour laquelle on parle de saint minimalisme, en opposition avec la musique répétitive d’un Philip Glass ou d’un Steve Reich. La violoncelliste Anja Lechner a enregistré une vingtaine de disques chez ECM, brassant une large palette stylistique. Elle est ici dédicataire de plusieurs œuvres, parmi lesquelles Trois pièces pour deux violoncelles (2002/2009) qui ouvre l’album. Elle est secondée par la violoncelliste Agnès Vesterman. Elegie pour violoncelle solo et deux tamtam (1999) se divise aussi en trois pièces. Rappelons que le tamtam est le vrai nom pour un gong sans dôme. Il y en a ici deux qui entourent la violoncelliste. C’est elle qui en joue alternativement avec son instrument principal. C’est également sous la forme de trois pièces que Silvestrov entame un dialogue avec les personnages Eusebius et Florestan imaginés par un Schumann malade. Cette œuvre pour deux violoncelles (2004) est suivie de Moments de silence et de tristesse (2002) dont les phrases séparées par des silences font écho aux dessins à l’encre séparés par les bords blancs appartenant à la tradition chinoise et japonaise. La Serenade pour deux violoncelles (2002) qui suit consiste en deux pièces dont le caractère divertissant est le bienvenu, avant un Lacrimosa (2004) pour violoncelle solo dédié à son ami Tigran Mansurian, un compositeur arménien également publié par ECM. Enfin, Trois pièces à la mémoire de Tchaïkovski (2004) pour deux violoncelles précède une valse qui clôture ce beau disque. Les auditeurs qui voudraient se familiariser avec la musique de Silvestrov écouteront en priorité ses œuvres pour orchestre et, surtout, pour chœurs a cappella (CD Sacred Works, ECM New Series, 2009). Dominique Lawalrée Son 10 - Livret 10 - Répertoire 7 - Interprétation 10

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