Hommage à Boulez par l’ami Barenboïm

par
Boulez Barenboim
Pierre BOULEZ (1925 - 2016) Dérive 2 ; Dialogue de l’ombre double ; Mémoriale ; Le Marteau sans maître ; Anthèmes 2 ; Messagesquisse West-Eastern Divan Orchestra, Pierre Boulez (Marteau sans maître) et Daniel Barenboïm. 2010-2012. DDD. Notice de présentation en français, anglais et allemand. 142’27’’. DG 4797160 La sincère amitié musicale et humaine entre Pierre Boulez et Daniel Barenboïm continue de se matérialiser. La toute nouvelle salle de concert berlinoise, initiée par le grand pianiste-chef porte le nom du chef compositeur et Barenboïm défend depuis des dizaines d’années la musique de feu son très cher ami. À l’occasion de l’ouverture de la salle de concert Pierre Boulez et du premier anniversaire de la disparition du compositeur, DG publie un double album en hommage aux œuvres bouléziennes sous la double direction de Boulez et Barenboïm à la tête des jeunes solistes du West-Eastern Divan Orchestra. Il s’agit de captations de concert enregistrées à Berlin et Londres entre 2010 et 2012. Il est tout de même émouvant de voir ce passage de générations musicales ou deux légendes de la musique œuvrent à la reconnaissance d’une musique en passe de devenir classique au pupitre d’un orchestre de jeunes réunissant des musiciens israéliens et arabes. Bien évidemment, ces enregistrements ne supplanteront pas ceux réalisés par Boulez avec des musiciens rompus aux moindres secrets de sa musique : comme l’Ensemble Intercontemporain dans Dérive 2 et Mémoriale ou Alain Damiens dans le Dialogue de l’ombre double, mais la qualité des pupitres et des solistes de l’orchestre de jeunes de Daniel Barenboïm humanisent la musique du maître dans sa dimension narrative, peut-être moins rigoureusement précise mais plus dynamique et sensorielle. Dans Dialogue de l’ombre double et Mémoriale, le clarinettiste Jussef Eisa et le flûtiste Guy Eshed sont d’une élégance racée presque debussyste. Michael Barenboïm (le fils de Daniel Barenboïm) est naturellement parfait dans Anthèmes 2, œuvre presque devenue sa signature internationale. Le maître lui-même est à la baguette de son Marteau sans maître à l’occasion d’un concert berlinois marquant ses 85 ans. La lecture de cette partition de jeunesse (1954) à la modernité toujours aussi radicale, souffre un peu d’excès de boulezisme dans une vision très droite même si naturellement brillante et philologiquement idéale. Quant à l’alto Hilary Summers, elle peine à convaincre. Naturellement cet album ne remplacera pas les lectures de Pierre Boulez et de son EIC reprises dans l’édition complète publiée par DG, mais les boulézolâtres ne pourront faire l’impasse sur ces gravures émouvantes et complémentaires. Pierre-Jean Tribot Son 10 – Livret 10 – Répertoire 9 – Interprétation 9

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