Inépuisables Goldberg...

par
Hewitt

Johann Sebastian BACH
(1685 - 1750)
Variations Goldberg
- Angela Hewitt (piano)
2015-DDD-82'14''-Textes de présentation en anglais, allemand, français-Hypérion CDA68146
- Zhu Xiao-Mei (piano)
2016-DDD-76'24''-Textes de présentation (interview de la pianiste) en anglais, français, allemand-Accentus ACC30372
- Pascal Dubreuil (clavecin)
2016-DDD-81'48''-Textes de présentation en anglais, allemand, français-Ramée RAM 1404
- Mahan Esfahani (clavecin)
2016-DDD-78'38''-Textes de présentation en anglais, allemand, français-DG 479 5929

Dans le dernier numéro de la revue "Diapason", notre collègue Gaëtan Naulleau s'interrogeait : "Comment se peut-il qu'une oeuvre aussi dense, qui exige tant de l'interprète, et tant de l'auditoire en retour [...] ait acquis au cours du temps une popularité aussi large que celle dont elle jouit aujourd'hui au concert et au disque ?" Plus de sept cents albums renseignés sur le site bach-cantatas.com depuis la gravure sur rouleaux de Rudolf Serkin en 1928. Une heure quinze en sol majeur, trente variations sur la progression harmonique d'une simple Aria -et non sa mélodie.
Quatre enregistrements sont dernièrement parus, deux au clavecin, deux au piano, et les écoutes mises en parallèle nous donnent à entendre combien ce chef-d'oeuvre daté d'avant 1740 reste inépuisable tant il est riche de caractères, de formes, de rythmes, d'expression, d'écriture.
Seize ans après un premier enregistrement des Goldberg, Angela Hewitt les remet sur son clavier, un Fazioli cette fois. Elle transcende la sagesse dont elle témoignait alors pour faire vivre ici la musique, la danse, la joie, et rejoindre la séduction par une sonorité ronde et pleine, un flux continu de musique. On y rencontre un Bach non dénué d'humour, heureux à chaque fois de remporter des défis d'une plume ailée, comme si tout allait de soi.
Xiao-MeiUn deuxième enregistrement des Goldberg aussi pour Zhu Xiao-Mei (le premier date de 2007). La pianiste chinoise est davantage dans la contemplation admirative. Les Goldberg l'ont accompagnée toute sa vie et chaque exécution publique apporte à sa conception de l'oeuvre des aliments complémentaires, dit-elle. Ici, on danse moins mais on savoure le contrepoint.
C'est sur un clavecin Titus Crijnen de 2011, selon une copie de I.I. Couchet (Antwerp 1679) que Pascal Dubreuil nous offre ces Variations. Il connaît bien son instrument à deux claviers. Le tempo de l'Aria est assez lent, de quoi ancrer profondément la basse sur laquelle se joueront les trente variations. Une articulation franche détaille magnifiquement le contrepoint et les registres. Un goût sûr, une version de maîtrise.
Tout autre est celle de Mahan Esfahani, nouveau venu chez Deustche Grammophon. Là, on ne comprend pas. Bach a-t-il besoin de tant de sophistications, d'ornements ajoutés, de fioritures agaçantes ?
Bernadette Beyne

Hewitt : Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10 Joker
Xiao-Mei : Son 9 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10
Dubreuil : Son 9 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10
Esfahani : Son 10 - Livret 7 - Répertoire 10 - Interprétation 6   

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