La Bohème des temps modernes

par
DVD CARMEN
Giacomo PUCCINI (1858 - 1924) La Bohème Mimi, Olesya Golovneva – Rodolfo, Joachim Bäckstöm – Marcello, Vladislav Sulimsky – Shaunard, Daniel Hällström – Colline, Miklos Sebestyen – Musetta, Maria Fontosh – Benoit, Magnus Loftsson - Alcindoro, Bengt Krantz - Parpignol - Xhelal Bakraqi - Malmö Opera Orchestra et chœurs, Chœur d’enfants de Malmö, Christian Badea, direction – Orpha Phelan, mise en scène 2017-DVD-117’58-Textes de présentation en anglais-Naxos-2.110385 Transposer l’action d’un opéra dans une mise en scène de notre époque, c’est-à-dire avec des décors et des costumes se rapprochant volontiers de notre quotidien et de notre vécu, est devenu aujourd’hui naturelle sur la plupart des scènes. La chose n’est pourtant pas aisée tant le message véhiculé par le texte (livret et musique) doit être porté sur scène à sa juste valeur sans le défigurer où le dénaturer. Orpha Phelan l’a compris et donne à voir une Bohème, certes moderne et épurée, mais non dénuée de sens et toujours dans le souci de la dramaturgie de l’œuvre. Une mise en scène embellie par les lumières sombres mais intelligemment disposées de Thomas C. Hase qui permet au regard de ne pas se concentrer uniquement sur l’action principale, mais aussi sur les éléments secondaires de cette histoire qui se veut universelle. Même si le DVD ne permet pas de profiter à sa juste valeur du travail de chacun des acteurs, il tend malgré tout à donner une image assez claire et précise de ce qu’a pu voir le public en 2014. Orpha Phelan joue sur des décors en mouvement, ici des carrousels parisiens, de Leslie Travers, dans une déstructuration presque squelettique au point de ne plus les reconnaître. Cette mise en scène de notre époque se voit naturellement pourvue d’objets modernes : téléphones et ordinateurs portables, sabres lasers… Ce qu’il faut retenir ici, et qui donne d’ailleurs de belles images, c’est cet aspect contemplatif, presque surnaturel que donne l’ensemble des démarches extérieures à la musique. De ce point de vue, c’est une réussite. Du côté musical, Mimi (Olesya Golovneva) domine largement cette production : voix solide, beau legato, jeu d’acteur convaincant et une projection visiblement assez naturelle. Le reste du casting est, d’un point de vue scénique, pleinement convaincant et colle facilement à l’esprit contemporain d’Orpha Phelan. Ce qui pose problème ici, mettant d’ailleurs à plusieurs reprises l’ensemble en difficulté par quelques décalages notamment l’orchestre souvent devant, ce sont les tempi relativement lents et parfois très étirés, manquant de fait de spontanéité. Le Rodolfo de Joachi Bäckstöm, dont la voix offre de nombreuses couleurs, gagnerait en rondeur et en luminosité avec un peu de vitesse, tout comme la Musetta très assurée de Maria Fontosh ; le Marcello de Vladislav Sulimsky est solide, robuste et souple mais manque fatalement de légèreté. Le Schaunard de Daniel Hällström (ici affublé de bonnet, piercings…) est crédible tandis que le Colline de Miklos Sebestyen, très à l’aise ici, s’impose par une voix large, posée et construite. L’orchestre de Malmö est clairement une très belle formation qui semble suivre son chef à la lettre. A ce niveau, Christian Badea galvanise ses troupes et donne donc à voir une vision de l’ouvrage. Les chœurs, tant d’adultes que d’enfants, sont convaincants et audibles, malgré quelques regrettables décalages. Un peu de vitesse et spontanéité (comme la mise en scène) auraient vraiment donné une plus-value à cette parution qui reste néanmoins très intéressante sur plan de la mise en scène. Contrairement à ce qu’indique le texte de présentation, Scènes de la vie de bohème de Henry Murger datent de 1851… et non 1951. Ayrton Desimpelaere

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