La nostalgie ou quelque chose comme ça

par
Arnold SCHOENBERG (1874 - 1951) Concerto pour piano op. 42 Musique d’accompagnement pour une scène de film op. Ernest KRENEK (1900 - 1991) Symphonic Elegy op. 105 Béla BARTÓK (1881 - 1945) Concerto pour piano n° 3 Pina NAPOLITANO (piano), Liepaja Symphony Orchestra, dir. : Atvars LAKSTIGALA DDD–2016–74’ 06’’–Textes de présentation en anglais, allemand et français–Odradek ODRCD339 Pina Napolitano est non seulement connue comme pianiste, mais en outre comme slavistique. Elle a du reste rédigé une thèse sur le grand poète russe Ossip Mandelstam, qui a remporté le prix de l’Association des Italiens slavisants, en 2011. Pourtant, elle ne joue guère de la musique russe et s’est surtout spécialisée dans le répertoire des compositeurs de la Seconde École de Vienne, particulièrement celui d’Arnold Schoenberg, dont elle a enregistré les œuvres complètes pour piano en 2012, à l’initiative du label américain Odradek. C’est ce même label qui édite à présent le Concerto pour piano op. 42 d’Arnold Schoenberg et le Concerto pour piano n° 3 de Béla Bartók dans l’interprétation de la pianiste italienne. Ces deux œuvres ont au moins deux dénominateurs communs : elles ont été écrites aux États-Unis et chacune dans la dernière partie de la vie de leur auteur, respectivement en 1942 et en 1945. Dans le livret qui accompagne ce CD, Pina Napolitano déclare que, lorsqu’on lui a proposé de les enregistrer, elle a d’abord pensé que « le contraste serait l’élément clef de cet album – deux univers, l’un noir et l’autre lumineux ». Elle ajoute cependant : « Je pense désormais qu’un même thème intérieur unit les deux œuvres. Et ce thème est la nostalgie. » Pina Napolitano a probablement raison, et c’est ce qui explique sans doute son jeu à la fois fluide et par moments retenu, voire un jeu bel et bien romantique, un peu comme si elle avait affaire à des partitions du XIXe siècle, mais remodelées dans des écritures modernes, au sein desquelles la dimension percussive joue un rôle capital. Et ce choix, qu’on peut discuter, semble cohérent. Ce CD propose aussi une œuvre plutôt rare d’Ernest Krenek, Symphonic Elegy op. 105. Composé en 1946 pour un orchestre à cordes, il est une réponse directe à la mort d’Anton Webern, tué accidentellement par un soldat américain, l’année précédente, à Mittersill, dans le Tyrol. L’interprétation qu’en donne l’Orchestre symphonique de Liepaja, sous la baguette du chef letton Atvars Lakstigala, en respecte fort bien le caractère poignant et dramatique. Jean-Baptiste Baronian Son 7 – Livret 7 – Répertoire 9 – Interprétation 8

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