L’amitié au service de la musique

par
Degand

Camille SAINT-SAËNS
(1835 - 1921)
Introduction et Rondo Capriccioso en la mineur, op. 28
César FRANCK
(1822 - 1890) 
Sonate pour violon et piano en la majeur FWV 8 
Eugène YSAŸE
(1858 - 1931)
Caprice d’après l’étude en forme de Valse de Camille Saint-Saëns 
Jules MASSENET
(1842 - 1912)
Médiation de Thaïs 
Maurice RAVEL
(1875 - 1937)
Tzigane, rhapsodie de concert
Stéphanie-Marie Degand, violon – Christie Julien, piano
2016-DDD-63’24-Textes de présentation en français et anglais-NoMadMusic-NM035

Beau défi que celui de se lancer dans l’enregistrement de pièces majeures, et étroitement liées, du répertoire franco-belge du 19ème siècle. De Franck à Ravel, que 53 ans séparent, le duo Degand/Julien nous convie à un récital pétillant, volontiers fougueux mais surtout marqueur d’une belle franchise et d’une intimité proche, et c’est bien de cela que veut se rapprocher le duo, des salons parisiens. D’une véritable amitié naquît cet ensemble. Deux artistes liées par la liberté et la lumière, aspects vivement ressentis dans leur interprétation. L’Introduction et Rondo Capriccioso marque les esprits par la clarté du langage et le « piano-orchestre » de Christie Julien, la Sonate de Franck, sommet de cette parution, par sa sensibilité et le renouvellement constant des couleurs et contrastes. Pas d’effets inutiles, comme le témoigne l’Allegro : tempi justes, limpidité du piano (dont le jeu de pédales est à saluer), dialogue intelligemment mené et construit… C’est aussi la qualité d’écoute entre les deux artistes qu’il faut souligner. Aucune ne tente de se démarquer, préférant au contraire inscrire leurs pensées en une seule ligne. Le troisième mouvement, l’un des plus complexes à appréhender d’un point de vue dramaturgique, est traité d’une manière quasi recitativo sans que cela ne devienne décousu. Le timbre du violon associé à un piano intense ne peut que donner le meilleur pour le mouvement final, une apothéose en tout point réussie. Place ensuite à la danse chez Ysaÿe, à la fraîcheur chez Massenet avec la Méditation de Thaïs, tirée de son opéra éponyme, avant d’attaquer avec brio Tzigane de Ravel dont la virtuosité du violon, et sa technique redoutable, joue à chaque instant avec un piano évocateur de dynamiques et couleurs orchestrales, un véritable feu d’artifices. Un duo qui mise sur la sincérité, la justesse de ton, la beauté du son et le respect du texte.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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