Le Journal

4e Grand Prix suisse de Musique 2017

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Le Grand Prix suisse de musique 2017 a été attribué à la violoniste d'origine moldave Patricia Kopatchinskaja qui enthousiasme son public avec ses interprétations radicales d'œuvres d'époques et de styles très différents. Née en Moldavie en 1977, Patricia Kopatchinskaja a d'abord vécu à Vienne avec sa famille à Vienne avant de rejoindre Berne pour y poursuivre sa formation. Elle réside d'ailleurs toujours. Pour l'attribution du Prix, une dizaine d’experts mandatés par l’Office Fédéral de la Culture (OFC) effectue des recherches dans les différents domaines musicaux et dans toutes les régions de Suisse. Une soixantaine de propositions est alors soumise au Jury fédéral de musique composé de sept membres, qui a pour mission de retenir 15 finalistes puis un(e) lauréat(e) à qui revient le Grand Prix doté de CHF 100'000. Les 14 autres "retenus" reçoivent chacun une somme de CHF 25'000.

Les comptes de l'Opéra de Bordeaux

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Quatre anciens responsables de l’Opéra de Bordeaux devaient se présenter vendredi devant la Cour de discipline budgétaire et financière, à Paris. Il s'agit de  Thierry Fouquet, ancien directeur général, Dominique Ducassou, ancien adjoint à la culture et ancien président de l’Opéra, ainsi que de l’ancien directeur financier et l’ancien comptable public. Ils y étaient entendus dans le cadre de l’affaire des détournements de fonds de l'Opéra. Révélée en 2012, elle avait conduit à la condamnation à trois ans de prison de Corinne Auguin, ancienne régisseuse, qui avait détourné 2,3 millions d’euros en dix ans. Au procès, une série importante de défaillances de contrôle au sein de l’Opéra avait été relevée sans pouvoir être expliquée. La Cour devait donc interroger à ce sujet l’ancienne direction qui risque des sanctions financières.

L'association "Musique et Spoliations"

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L’inventaire de l’ERR a permis la recherche et la restitution d’œuvres d’art à des familles juives mais personne ou presque ne s’est intéressé au sort des instruments de musique. Pascale Bernheim cite néanmoins le musicologue néerlandais Willem de Vries, auteur du rare ouvrage sur le sujet : The Sonderstab Musik of the Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg 1940-1945 que l’association s’attèle à faire traduire en français. Ce sera le point de départ véritable de notre association, faire connaître au grand public l’existence de ces spoliations liées à la musique, affirme Pascale Bernheim, actuellement en discussions avec une maison d’édition. Car le manque de recherches dans ce domaine est criant. Ainsi, deux instruments de musique seulement sont répertoriées parmi les quelque 2000 oeuvres siglées MNR et conservées au musée de la musique à Paris. MNR (Musées nationaux récupération), ce sont les biens spoliés dont le propriétaire n’a pas été retrouvé et qui sont confiés aux musées nationaux sous un statut particulier permettant aux ayants droit de se manifester. Si les instruments spoliés sont si peu répertoriés, c’est que pour la plupart, ils n’ont pas suivi le même chemin que les œuvres d’art, explique Pascale Bernheim. Beaucoup d’instruments ont été emportés par leurs propriétaires qui fuyaient le régime nazi ou qui ont été déportés en camp. Ils pouvaient servir à payer des passeurs pour se réfugier en zone libre, ce qui explique pourquoi on retrouve la trace de nombreux instruments dans le sud-ouest de la France. Certains instruments ont été confisqués sur place sans qu’ils ne fassent l’objet d’un archivage, d’autres pouvaient servir de bois de chauffage ou encore étaient confiés à des amis mais jamais récupérés. Enfin, certains peuvent se trouver dans des coffres dont tout le monde ignore les contenus. En s’intéressant à différents cahiers de comptes de luthiers qui exerçaient durant la guerre, Pascale Bernheim a pu se rendre compte que le marché se portait plutôt bien à cette époque. Chez un luthier parisien, l’année 1939 a été très remplie au niveau des rachats et des ventes d’instruments et parmi ses clients, on trouve plusieurs fois le nom du fournisseur d’instruments de l’orchestre de propagande créé par Adolf Hitler, le Reichs-Bruckner Orchester. Mais une ordonnance de 1943 reconnaît que les biens vendus avec le consentement des victimes peuvent être considérés comme spoliés si la vente s’est faite dans le but de survivre. C’est un point méconnu du droit français qui ouvre la porte à de nombreux cas de spoliations explique encore Pascale Bernheim qui estime cependant qu’il y a peu d’espoir de restitutions d’instruments de musique. Il y a bien eu quelques cas, comme le violoncelle Stradivarius retrouvé facilement en 1954 puisqu’il faisait partie de la collection Rotschild ou, plus récemment, un instrument retrouvé dans un musée allemand et restitué à ses héritiers. Mais la plupart des instruments, notamment de la famille des cordes, n’ont pas retrouvé leur propriétaire. C’est toujours le cas de ce supposé violon Stradivarius offert à la violoniste japonaise Nejiko Suwa par Joseph Goebbels. La musicienne, morte en 2012, ainsi que son neveu qui a hérité de l’instrument, ont toujours refusé de s’exprimer sur les origines du violon. Et on peut citer encore le cas de l’importante collection d’instruments et de manuscrits de la claveciniste polonaise Wanda Landowska, installée à Paris, qui fut intégralement pillée par les nazis. Si une partie de ses biens ont été retrouvés, on ignore totalement ce qui est advenu du reste. Si les recherches concernant les instruments de musique ne sont pas très nombreuses, c’est aussi qu’il est très compliqué de fournir des preuves d’appartenance. C'est plus simple pour les tableaux dans la mesure où ils étaient accrochés aux murs et visibles sur des photos de famille. La tâche est loin d’être simple tant il y a peu de témoignages ou de traces de ces instruments. Pascale Bernheim entame ses recherches dans les inventaires des luthiers, ceux des musées, dans les archives du ministère des affaires étrangères ou simplement parce qu’un particulier a un doute sur la provenance de son instrument. Elle estime également qu’il serait intéressant de connaître l’ampleur des pillages qui ont eu lieu à la Bibliothèque Nationale de France dans les rayons partitions et manuscrits. Il arrive que des familles se demandent un jour comment ce piano ou ce violon est arrivé chez eux. Ce sont des gens de bonne foi qui ne s'étaient jamais posé la question auparavant, explique Pascale Bernheim. Elle est aussi très attentive aux ventes aux enchères car de nombreux instruments achetés de façon douteuses ressortent ces dernières années. Des instruments prestigieux qui dormaient sagement dans des coffres pour ne pas attirer l’attention. Pascale Bernheim souhaiterait d’ailleurs que l’Etat soit très scrupuleux sur les demandes de passeports des œuvres aux origines incertaines. Elle espère obtenir des subventions pour faire grossir l’association et susciter l’intérêt des chercheurs. Elle souhaite créer un comité d’honneur en s’entourant de musiciens, d’historiens, de musicologues, de luthiers, d’artistes,... et trouver des fonds auprès de la Fondation pour la mémoire de la Shoah ou de la Claims Conference, une organisation internationale d’indemnisation des victimes juives du nazisme. Pour elle dont une partie de sa famille a souffert pendant la guerre, il n’est pas question de vengeance ou de revanche. C’est avant tout un devoir de mémoire, d’autant plus que les témoins de cette terrible époque disparaissent peu à peu. Je souhaite redonner une identité à ces instruments et retracer leur histoire et ainsi de rendre hommage aux personnes spoliées.

Florian Noack aux Jacobins

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Les "crescendistes" de la première heure n'ont pas pu oublier Marie-Aude Roux, sa plume élégante et impitoyable, ses argumentaires raffinés pour célébrer la musique et dénoncer les impostures. Les lecteurs du quotidien français Le Monde sont désormais ses familiers depuis longtemps. Nous ne résistons pas au plaisir de partager ici les premières lignes qu'elle consacre au récital de notre compatriote Florian Noack (*) au festival "Piano aux Jacobins" de Toulouse. A 27 ans, le pianiste belge Florian Noack s’est imposé avec une forme de discrétion peu habituelle chez les jeunes artistes en quête de notoriété. Il participait, le 18 septembre, à la 38e édition du festival toulousain Piano aux Jacobins, dans le magnifique auditorium Saint-Pierre des Cuisines, une ancienne église désaffectée et réhabilitée dont les fondations remontent à l’Antiquité. C’est un jeune homme svelte, d’allure modeste, qui se met au piano avec aussi peu de manières que s’il était chez lui pour une séance de travail. Au programme, deux Impromptus de Chopin (n° 1 op. 29 et n° 3 op. 51), que le pianiste développe avec un son clair, plutôt léger, usant d’une délicatesse particulière dans le médium. Il y a une grande homogénéité dans la ligne de ce piano qui file droit, ignorant la convention d’idiomes chopiniens – rubatos expressifs, ralentis signifiants ou silences inspirés – et nous livre la musique avec une honnêteté fière, délivrée des courtoisies de circonstance. Il faut dire que le pianiste s’est, depuis longtemps, singularisé par son appétit d’insatiable découvreur, plus curieux des raretés que du grand répertoire pianistique qu’il dit avoir arpenté comme à ­rebours. C’est ainsi que Florian Noack déclarait, en 2012, dans une interview accordée au site spécialisé Piano bleu : A 14 ans, je jouais davantage de Clementi que de Beethoven, de Medtner que de Rach­maninov, et je travaillais des études d’Alkan alors que je n’avais jamais joué le moindre morceau de Liszt. Ce qu’il apparente, selon ses propres termes, à une sorte de bienheureuse crise d’adolescence ! Florian Noack s’est donc naturellement inscrit dans la ligne que Piano aux Jacobins a mise en place en coopération avec le Palazzetto Bru Zane, qui invite à jouer un chef-d’œuvre méconnu du répertoire français : ainsi, les Sillages de Louis Aubert (1877-1968), élève de Gabriel Fauré,... (*) Rappelons que l'album de Florian Noack consacré aux oeuvres pour piano de Sergei Lyapunov (chez Ars Produktion) a reçu au printemps dernier un Award des ICMA 2018 (jury constitué des rédacteurs en chefs de 17 organes de presse spécialisés internationaux) qui lui a été remis au Gewandhaus de Leipzig dans le cadre du concert de gala avec l'orchestre de l'institution.  solo    

Supernova 2018 : Appel à candidatures

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Dans le cadre des Festivals de Wallonie, Supernova est un projet réunissant des programmateurs belges en vue de promouvoir de jeunes ensembles talentueux et novateurs. En vue de l'édition 2018, l'appel suivant est lancé : Vous êtes musicien professionnel, vous avez étudié dans une école supérieure de musique, vous avez une vision très précise de ce que la musique classique peut et doit apporter au public d’aujourd’hui et de demain, vous avez moins de trente ans et vous rêvez de vous produire avec votre ensemble de musique de chambre et de vous faire connaître sur les scènes en Wallonie, à Bruxelles et en Flandre?Toutes les informations et le bulletin d'inscription sont disponibles sur le site www.supernovaclassic.be.

L'Opéra de Houston doit fermer

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On savait que l'ouragan Harvey a causé des dommages à l'Opéra de Houston. Après constats et expertise, l'institution a été contrainte d'annoncer que le Centre Wortham Theatre sera "hors service" au moins jusqu'au 15 mai 2018. Les négociations sont en bonne voie pour que le début de la saison (La Traviata, Julius César et la création de The House without a Christmas Tree) puissent trouver refuge ailleurs. Débuterons ensuite les discussions pour tenter de sauver le reste de la saison.

Nordic Artists Management accueille Pierre Derhet

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Nordic Artists Management est l'une des principales agences nordiques. Basée à Copenhague, elle représente un large éventail d'artistes internationaux dans le domaine de la musique classique pour soutenir et développer leur carrière grâce, entre autres, à des collaborations étroites avec d'autres agences internationales de premier plan. Nordic Artists Management vient d'annoncer qu'elle compte désormais dans ses rangs le jeune ténor belge Pierre Derhet qui rejoint là des artistes tels Christoph Eschenbach, Patrick Gallois, Marc Soustrot, Lise de la Salle, Elisabeth Leonskaya, Francesco Piemontesi, Isabelle Faust, Alisa Weilerstein, Paul Meyer,... Membre de l'Académie des chanteurs du Royal Théâtre de la Monnaie depuis 2016, Pierre Derhet s'est formé à l'IMEP (Namur) avec Françoise Viatour, Elise Gäbele et Benoît Giaux. Il a suivi des masterclasses avec Christophe Rousset, Leonardo Garcia Alarcon, Andrea Marcon, Marie-Nicole Lemieux, Roger Vignoles, Michael Spyres, José Van Dam ... On a pu l'entendre déjà à La Monnaie dans Un ballo à Maschera de Verdi (un serviteur), dans Three Tales de S.Reich, Cappriccio de R. Strauss (Diener), à l'Opéra de Pittsburgh (USA) dans la Lustige Witwe de F.Léhar (Raoul de St-Brioche) et Adriadne auf Nauxos de R.Strauss (Tanzmeister), à l'Opéra d'Amsterdam dans Les Mamelles de Tirésias de F. Poulenc (journaliste) ou dans La passion de D. Scarlatti (Petrus) avec Leonardo Garcia Alarcon, pour n'en citer que quelques uns.  

Ambitieuse Allemagne

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Avec son programme visant à l'Excellence du paysage orchestral, l'Allemagne veut doter ses orchestres des moyens de ses ambitions. A partir de cette saison (et pendant 3 ans), 11,1 millions d'euros du budget du Ministère de la Culture soutiendront 31 projets qui, après analyse, ont été retenus parmi les 49 proposés. Y figurent la Südwestdeutsche Philharmonie de Konstanz, le Symphoniker de Bochum et la Philharmonie de Jena. Le gouvernement fédéral veut encourager les orchestres parrainés à répondre à des défis internationaux en constante augmentation et à développer leur qualité artistique et leur charisme, afin d'obtenir un excellent succès à long terme, a déclaré la Ministre de la Culture, Monika Grütters. C'est ainsi que nous pouvons aider à préserver la diversité artistique du paysage orchestral allemand, unique au monde. Et elle ajoute que de nombreux orchestres manquent des ressources nécessaires pour créer de nouvelles voies et apporter des réponses aux importantes questions de société et au développement de la culture musicale.  Elle espère ainsi donner une impulsion durable à la vie musicale allemande.

Plusieurs vies

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Nous avons appris le décès, à l'âge de 80 ans, du ténor géorgien Zurab Sotkilava. L'artiste était célèbre à plus d'un titre. Adolescent, il était footballeur, jouait au Dynamo de Tbilisi et entamait une belle carrière internationale quand une blessure y a mis brutalement fin. Il a alors étudié le chant, au Conservatoire de Tbilissi puis à La Scala. En 1973, il faisait ses débuts en Don Jose au Bolchoï (Moscou) et il est devenu membre de la troupe. Invité régulier du Teatro Communale de Bologne, il y était reconnu comme verdien accompli. Il a aussi formé de nombreux chanteurs au Conservatoire Moscou.

Patience... et retrouvailles

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En 2013, Ad van Zon, le trompettiste solo de l'Orchestre Philharmonique de Rotterdam, s'est fait voler dans le métro l'instrument qu'il jouait depuis trente ans. Il a bien sûr déclaré le vol à la police, et puis... Mais la semaine dernière, au milieu de la nuit, un ami l'a appelé et lui a conseillé d'aller consulter un site de ventes; il y a reconnu sa trompette, a aussitôt repris contact avec les policiers et un de ceux-ci s'est fait passer pour un acheteur pour confondre le "propriétaire". De bonne foi, celui-ci a expliqué qu'il avait trouvé l'instrument deux ans plus tôt dans le grenier de son père décédé mais il ne savait rien de son origine, son père étant atteint de démence depuis plusieurs années. Et il a souhaité que celui-ci retourne au plus vite à Ad van Zon. L'instrument va être nettoyé et révisé avant de retrouver la route des scènes et van Zon a déjà invité son "bienfaiteur" au concert.