Le Luxembourg, pépinière de talents

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L'inauguration, en 2005, de la superbe salle de la Philharmonie Luxembourg sur le plateau du Kirchberg, une réalisation de l'architecte français Christian de Portzamparc, provoqua un grand sursaut dans la vie musicale luxembourgeoise. Les concerts de la Philharmonie Luxembourg voient les plus grandes têtes d'affiches, les plus grands chefs, les plus grands solistes qui, de plus, jouissent d'une magnifique acoustique.

Khatia Buniatishvili © Alfonso Salgueiro Lora

A l'occasion de l'assemblée générale des ICMA, le 19 janvier, nous avons pu y entendre l'Orchestre Philharmonique du Luxembourg (« du » et non « de » pour marquer la différence entre le pays et la ville) sous la direction de son chef Gustav Gimeno avec, en soliste, la flamboyante pianiste Khatia Buniatishvili dans un programme Wagner, Liszt, Debussy, année anniversaire oblige.

L'Ensemble Artemandolino © Alfonso Salgueiro Lora

Le lendemain soir, c'était l'occasion d'apprécier l'écrin que constitue la salle de musique de chambre où étaient invités différents artistes luxembourgeois.
Place tout d'abord à la musique instrumentale baroque avec l'Ensemble Artemandolino, un ensemble de mandolines qui magnifiait des musiques au royaume Naples et à la cour d'Espagne.

 

Duo Rosa © Alfonso Salgueiro Lora

Tout en contraste, le Duo Rosa composé de la soprano Stephany Ortega dans une séquence « American Soul : Art songs, Broadway & Cabaret songs », un répertoire qui colle à la peau, à la coquinerie et à la voix pure de la soprano, un nom à retenir, dans ce répertoire à tout le moins.

 

Cyprien Keiser © Alfonso Salgueiro Lora

Un jeune violoncelliste ensuite, Cyprien Keiser, 17 ans, détenteur d'un prix supérieur avec grande distinction du conservatoire d'Esch-sur-Alzette et actuellement bachelor au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris dans la classe de Jérôme Pernoo. Accompagné par Markus Krebel, il donne de la Sonate en ut majeur de Prokofiev une version lyrique et passionnée, un beau tempérament, une sonorité pleine et chaude. Là aussi, un nom à retenir.

 

 

 

 

Jean Muller © Alfonso Salgueiro Lora

Et la soirée se terminait avec Jean Muller, pianiste déjà connu puisqu'il fut retenu parmi les finalistes des ICMA 2018 pour son interprétation des Variations Gooldberg de Bach, connu aussi par les soirées qu'il consacre à l'intégrale des sonates pour piano de Mozart dans la saison des Solistes Européens Luxembourg, une autre institution musicale luxembourgeoise que venait présenter son enthousiaste directeur général, Eugène Prim, aux membres du jury des ICMA rassemblés à la Philharmonie pour leur assemblée générale. Jean Muller proposait un répertoire très différent de celui que nous lui connaissions : Barcarolle op. 60 de Chopin, Barcarolle n°3 de Ivan Boumans, jeune compositeur luxembourgeois dans la lignée de Debussy et l'ultra périlleux Escalier du diable, 13e étude de György Ligeti. Un pianiste étonnant, de la vieille école encore -et on ne le lui reprochera pas!... on pense à Horowitz. Il y a du Horowitz dans son jeu. Jean Muller fait sonner son piano, ses basses profondes sans aucun effort. Une énergie naturelle qui imprime à la musique ses multiples couleurs. Et dans l'Etude de Ligeti, Jean Muller démontre, sans effort aussi, que la virtuosité n'a pour lui plus aucun secret. Bluffant... et musical surtout...

Je vous le disait en commençant cet article : la vie musicale luxembourgeoise est aujourd'hui un des fleurons de l'Europe.
Bernadette Beyne
Luxembourg, les 18 et 19 janvier 2017

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