Le magnifique Mozart d'Alberto Ferro

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Cet après-midi, le 21e Concerto a résonné à deux reprises.

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Dmitry Shishkin
Alberto Ferro
Alberto Ferro

Une première fois sous les doigts du Russe au visage de bambin Dmitry Shishkin. Sa prestation est remarquable du début à la fin. Son jeu est précis et sensible. Beau phrasé et technique impeccable. Ce Mozart d'excellente facture aurait retenu toute notre attention mais il a, malheureusement pour lui, été suivi par meilleur encore. La version d'Alberto Ferro fut un tout grand moment, une perle façonnée par ce jeune Italien âgé de vingt ans. Son jeu est vivant et inspiré, les traits ne sont pas seulement un jet de technique mais ils sont menés dans une direction et le bras devient un archet. La sauce prend. Il évite le jeu sur-articulé qui caricature parfois la musique du génie salzbourgeois. Le second mouvement est d'une simple beauté. Le lyrisme est juste et touchant. Le troisième mouvement est rapide et jubilatoire. Le musicien joue avec l'orchestre. Son interprétation paraît simple avec quelques touches de fantaisie bien sentie. On apprécie le choix de la cadence de Christian Zacharias. Ferro se montre espiègle avant de conclure sous les bravos. Un grand moment assurément.

Evan Wong
Evan Wong

Evan Wong (qui a joué aussi une solide version de Kreisleriana) et Ning Zhou ont quant à eux livré deux visions différentes mais non moins intéressantes de Tears of Light. Le très expressif Ning Zhou a peut-être même livré la version la plus proche de la partition dans les choix de tempi et de nuances. Très à l'écoute, il a été très attentif aux résonances en prenant le temps de respirer. Les candidats se laissent généralement trop vite emporter par la densité de l'écriture de Fiorini en montant trop tôt dans la nuance et en jouant trop vite. Son jeu est immensément coloré. Il sculpte littéralement le son. Son jeu est passionnant. Ce qui fonctionne parfaitement dans l'écriture contemporaine pose question avec les Miroirs de

 

Ning Zhou
Ning Zhou

Ravel. Oiseaux tristes est magnifique. Un miroir sans doute mais surtout une peinture sonore inspirée et raffinée. Une barque sur l'océan est tout à coup beaucoup moins convainquant. Il se perd un peu dans le détail. La qualité de son est toujours impressionnante mais, d'une certaine manière, c'est comme s'il travaillait à la qualité de chaque note en perdant la direction. Ning Zhou est très démonstratif et tombe à certains moments dans du maniérisme. Le balancement du motif de base avec ses deux croches liées à un triolet est perdu dans un tempo un peu trop lent au rubato systématique. Il clôture son récital avec Après une lecture du Dante. Il empoigne cette œuvre avec une folle énergie et un caractère tragique. Ning Zhou y fait étalage de toute sa technique. Déferlement d'octaves à la limite de l'hystérie. Une interprétation « infernale » (qui frôle tout de même la saturation) qui plaît au public. Il ne laissera certainement pas le jury indifférent. Verdict dans quelques heures …
Michel Lambert
Flagey, séance de l'après-midi du 14 mai 2016 

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