Le piano sans fin

par
Glass

Philip GLASS
(° 1937)
Glassworlds 5 : Enlightenment
Nicolas HORVATH (piano)
DDD–2016–72’ 57’’–Texte de présentation en anglais, français et allemand–Grand Piano GP745

Au début du mois d’octobre dernier, le pianiste français Nicolas Horvath s’est prêté dans la salle de la Philharmonie de Paris (à la Cité de la musique) à une performance peu ordinaire : jouer toute l’œuvre pour piano seul de Philip Glass en continu. Il a choisi de l’interpréter par ordre chronologique de composition – ce qui représente grosso modo douze heures de musique d’affilée. On peut aujourd’hui en avoir un aperçu partiel grâce à ce CD, le cinquième de la collection « Glassworlds » intitulé Enlightenment (Illumination), où sont réunies quatre pièces : Mad Rush, Metamorphosis Two, The Sound of Silence et 600 Lines. Il y va ici du premier enregistrement mondial de la version pour piano de cette dernière œuvre que Philip Glass avait écrite en 1967. C’est, au vrai, une sorte de toccata à la fois obsédante et « hypnotique », pour reprendre le terme utilisé par Nicolas Horvath lui-même. Elle représente, dit-il, « le zénith de l’ensemble des travaux et expérimentation » du compositeur américain « avec Ravi Shankar et des leçons particulières avec Alla Rakha » (considéré comme le plus grand joueur de tablâ du XXe siècle). Comme elle dure quarante minutes et qu’elle est « la réitération de cinq hauteurs de son (do, ré, mi, fa et sol) en mutation constante », elle exige de la part de son interprète non seulement une concentration de tous les instants (ce qui va de soi), mais surtout un sens profond du rythme – du rythme devenu en l’occurrence un mouvement perpétuel presque magique. On se dit d’ailleurs que 600 Lines pourrait durer une heure, ou deux, ou trois, et même davantage, et constituer une pulsation infinie, inépuisable.
Les inconditionnels de Philip Glass vont sans nul doute adorer ce disque. Ceux qui ne le sont pas risquent, eux, de s’en détourner dès les premières mesures (à supposer que cette notion si classique ait encore un sens dans la musique répétitive).
Jean-Baptiste Baronian

Son 9 – Livret 8 – Répertoire 8 – Interprétation 10

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