Le précieux coffret du Reine Elisabeth 2017

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C'est devenu un rituel : alors que les concerts de lauréats se poursuivent à Bruxelles et dans divers festivals, le "coffret de 4 CD" du Reine Elisabeth se trouve déjà dans les rayons des disquaires et en commande sur le site du concours. Quels ont été les choix cette année? En général, ce sont les compositeurs des oeuvres imposées qui font le choix des interprètes. Ici, Annelies Van Parys a élu l'interprétation du Polonais Maciej Kulakowski qui, en demi-finales également, avait brillamment défendu le Capriccio per Siegfried Palm de Penderecki. Quant à Toshio Hosokawa, il semble que c'est Seungmin Kang qui réponde le mieux à la magie des couleurs et à la force des silences de Sublimation, concerto des finales. Le coffret donne un bel aperçu des divers moments qui ont émaillé le concours. On regrette toutefois ne pas y trouver le Concerto de Schumann si bien défendu par JeongHyoun (Christine) Lee. Les autres concertos des finales se retrouvent avec le Chostakovitch du 1er Prix, Victor Julien-Laferrière, et le Dvorak du 2e Prix, Yuya Okamoto. De Victor Julien-Laferrière, on trouvera également la 2e Sonate de Brahms, organique comme on l'aime. Comme les concertos des finales se résumaient à trois, c'est ici que se referment les prestations de la dernière semaine. Les deux concertos de Haydn joués en demi-finales se retrouvent dans la pureté de style de Santiago Canon-Valencia (3e Prix) et de Shizuka Mitsui qui, malgré cette prestation mémorable, n'a pas franchi la dernière marche du concours; ce sont les SIX, les jeunes étudiants violoncellistes, qui déterminaient les choix du quatrième CD, leurs coups de coeur. Ce choix des SIX (deZES) offre aussi l'opportunité de nous remémorer les brillantes prestations de demi-finalistes malheureux. C'est ainsi que l'on retrouve avec bonheur la musicalité naturelle et vibrante d'Astrig Siranossian -que beaucoup regrettaient de ne pas retrouver en finale- qui nous offre le Rondo op. 94 de Dvorak d'une beauté de chant exceptionnelle et un extrait des Stücke im Volkston op. 102 de Robert Schumann dans la proposition extravertie de Julia Hagen. Tous les finalistes ont droit à une plage de CD qui nous rappelle la poésie de la Sonate de Poulenc sous l'archet d'Aurélien Pascal (4e Prix), l'inspiration spontanée et sensuelle de Ivan Karizna manifestée dès la première épreuve dans la Sonate G. 17 de Boccherini -avec l'heureuse découverte de cet accompagnement par un deuxième violoncelle, autre moment mémorable du concours. On retrouvera également Ivan Karizna, un des favoris devenu 5e Prix, dans la Sonate d'Ysaÿe et des extraits de l'opus 102 de Schumann. Prokofiev est de la partie avec sa Sonate op. 119 toute d'élégance dans la version de Brannon Cho (6e Prix). La fine sensibilité du Chinois Sihao He (lauréat), nous la retrouvons dans le Kol Nidrei de Max Bruch, le sourire de Christine JeongHyoung Lee dans le premier mouvement de la délicate Arpeggione de Schubert, la virtuosité de Yan Levionnois dans Papillons op. 77 de Gabriel Fauré, le "alla Casals" de Bruno Philippe dans le Prélude de la 4e Suite de Bach, un lauréat qui tenait également à montrer son incroyable agilité dans la Danse des Elfes op. 39 de David Popper. Ce coffret Reine Elisabeth 2017 nous rappellera aussi les magnifiques prestations du Brussels Philharmonic sous la direction de Stéphane Denève qui, pour la première fois, était appelé à accompagner les finalistes : un chef, un concertmeister, Otto Derolez, un corniste, Hans van der Zanden, tout à l'écoute des jeunes violoncellistes. On remarquera aussi la qualité cette année de l'Orchestre Royal de Chambre de Wallonie sous la direction de Frank Braley. On sera aussi sensible à une prise de son très naturelle, très proche d'une écoute en salle. S'il eût fallu reprendre tous les moments de grâce de ce premier concours de violoncelle du Reine Elisabeth, une dizaine de CD eussent été nécessaires. Choisir, c'est toujours renoncer. Car vraiment, on n'imaginait pas qu'autant de jeunes violoncellistes d'une telle qualité et d'une telle envergure peuplaient le monde de la musique. Vivement la suite dans quatre ans !... avec peut-être un plus large choix dans les concertos des finales ? Bernadette Beyne

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