Le second pilier de l'héritage Callas

par
Callas Live

MARIA CALLAS LIVE
Remastered live recordings – 1949-1964
1949 à 1964-ADD-Live-Textes de présentation et livrets en anglais, français, allemand et italien

Quelques mois à peine après la remastérisation du legs complet de Maria Callas en studio, voici que paraît une nouvelle somme, soumise au même travail soigné, centrée cette fois sur un ensemble imposant d'enregistrements pris en public. Tous étaient déjà parus chez EMI ou chez de petits éditeurs et l'on ne trouvera donc pas de cd inédits ici. L'argument de vente principal de Warner est le travail fourni par rapport aux éditions précédentes et force est de constater que l'écoute, sans pouvoir être qualifiée de confortable, est souvent améliorée par rapport aux reports précédents, même si certaines captations sont, à l'origine, plus réussies techniquement (Lucia) que d'autres (Armida). Par rapport à ce que certains producteurs parfois peu soigneux, tels que Sakkaris ou Diva, nous ont proposé par le passé, le gain est indéniable. Si l'on se réfère aux anciens repiquages de EMI, on dira que l'éditeur a réussi le pari d'aérer le son tout en évitant des filtrages trop importants et on peut conclure que le résultat est en général assez probant. L'ensemble comporte 20 intégrales en cd ainsi que des films d'extraits, en blu-ray, de récitals à Hambourg, Londres et Paris, dont le fameux 2ème acte de Tosca de 1958 avec Georges Sébastian à la baguette; le tout est disponible en un fort coffret ou séparément. Cinq titres sont parvenus à la rédaction. Dans La sonnambula (réf. 01900295844653), la meilleure gravée par Callas et dirigée par un tout jeune Bernstein en 1955, on regrettera que la réédition privilégie les voix au détriment de l'orchestre et des choeurs, alors que l'ancienne édition Myto, par exemple, arrivait à un bien meilleur équilibre et un son bien plus naturel qui captait également l'atmosphère, surchauffée, de la Scala dans un jour d'exception (on ne se lasse pas du Ah non giunge final !). Deux ans auparavant, Callas et le chef américain se faisaient déjà complices dans une Medea jamais égalée (réf. 0190295844608). Alors au summum de ses moyens vocaux, elle porte à bout de bras ce rôle hors normes en tragédienne accomplie. Armida (réf. 0190295844530), ce joyau féérique sorti de la meilleure plume de Rossini, reste dans l'ombre du Barbier ou de La Cenerentola. Et pourtant! La baguette experte de Tullio Serafin, en 1952, fait jaillir la magie à chaque note et la diva y est au firmament. Il faut malheureusement accepter une prise de son fort précaire, que le soin de la réédition ne parvient pas à améliorer significativement. La Lucia de Callas-Karajan de 1955 (réf. 0190295844585) est à juste titre célèbre – et bien captée: c'est l'un des enregistrements de base de toute discothèque d'opéra, ni plus ni moins. Enfin, Parsifal (réf. 0190295844455) pourrait passer pour une curiosité car chanté en italien et porté par une distribution aussi peu idiomatique que possible, entièrement italienne à l'exception du Gurnemanz bulgare de Boris Christoff. Ce serait oublier que Vittorio Gui était un immense chef de théâtre et que ce Wagner-là est tout sauf exotique. Néanmoins, on reconnaîtra que Kundry n'était pas vraiment dans les gènes de Maria Callas qui, en cette année 1950, était encore en recherche de son personnage et de sa légende.
Bernard Postiau

Son 5 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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