L’élégance discrète d’Aljosa Jurinic

par
Jurinic
Comme chaque année depuis presque vingt ans, le Concours Reine Elisabeth organise en Belgique des concerts destinés aux jeunes ; lundi, à Flagey, en présence de la Reine Mathilde, le pianiste croate Aljosa Jurinic était à l’affiche. Remarquable cinquième lauréat de l’édition piano 2016, il a présenté un programme varié et variable.En effet, il n’ouvrit pas le concert par la 13e sonate op. 27 de Beethoven comme annoncé mais par la très belle Rêverie de Debussy, comme pour mieux capter l’attention de l’enthousiaste et remuant auditoire venu en nombre. La sonate, ensuite, fut très sereine et chaleureuse, attestant d’une perpétuelle recherche de timbres de la part de l’interprète. Vint ensuite une sélection de six études de l’opus 25 de Frédéric Chopin (1, 2, 6, 7, 11 et 12) remarquablement exécutées, rayonnantes de la même chaleur que la musique entendue plus tôt et éclairées d’une palette de couleurs sonore encore plus extraordinaire, sans en oublier l’attention particulière accordée aux fins de chaque études, délicieux exercices de style interprétés en extase totale. Alors qu’on attendait des extraits des Images de Debussy, Aljosa Jurinic surprit le public une fois encore et joua ensuite la transcription de Widmung extrait du cycle Myrthen de Schumann par Liszt, superbe moment de poésie avant la 11e Rhapsodie hongroise et La Legierezza extraite des Trois études de concert S.122 du même Franz Liszt. Là encore le pianiste fut ravissant d’élégance et de générosité, deux traits majeurs de ses innombrables autres qualités qui devraient lui garantir une place de choix dans le cœur du jeune public. Marin Morest, reporter de l’Imep Bruxelles, Flagey, Studio 4, le 20 mars 2017

Vos commentaires

Vous devriez utiliser le HTML:
<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>